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AccueilJurisprudence administrativeN° TA106-2401514

Tribunal Administratif de la Guyane — Décision N° TA106-2401514

mardi 19 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de la Guyane
SectionTribunal Administratif de la Guyane
N° DossierTA106-2401514
TypeOrdonnance

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 5 novembre 2024, Mme C A doit être regardée comme demandant au juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'enjoindre à B nationale des titres sécurisés de lui délivrer le certificat d'immatriculation du véhicule EF-734-JA, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir.

Elle soutient qu'elle a sollicité la délivrance de son certificat d'immatriculation sur le site de B nationale des titres sécurisés (ANTS) à plusieurs reprises sans succès.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la route ;

- le décret n° 2007-240 du 22 février 2007 portant création de B nationale des titres sécurisés ;

- le décret n° 2007-255 du 27 février 2007 fixant la liste des titres sécurisés relevant de B nationale des titres sécurisés ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

2. Mme A, qui a acquis le 25 novembre 2023 un véhicule à moteur a déposé après trois rejets, une nouvelle demande de certificat d'immatriculation auprès de B nationale des titres sécurisés (ANTS), le 6 septembre 2024, puis une autre le 5 novembre 2024. Par la présente requête, Mme A demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à l'ANTS de lui délivrer le certificat d'immatriculation demandé.

3. Aux termes de l'article R. 322-1 du code de la route : " I. Tout propriétaire d'un véhicule à moteur autre qu'un cyclo mobile léger, d'une remorque dont le poids total autorisé en charge est supérieur à 500 kilogrammes ou d'une semi-remorque et qui souhaite le mettre en circulation pour la première fois doit faire une demande de certificat d'immatriculation en justifiant de son identité. () " et aux termes de l'article R. 322-5 de ce code : " I. Le nouveau propriétaire d'un véhicule déjà immatriculé doit, s'il veut le maintenir en circulation, faire établir, dans un délai d'un mois à compter de la date de la cession, un certificat d'immatriculation à son nom dans les conditions prévues à l'article R. 322-1. / Cette demande est adressée au ministre de l'intérieur soit directement par voie électronique, soit par l'intermédiaire d'un professionnel de l'automobile habilité par le ministre de l'intérieur ".

4. Aux termes de l'article 1er du décret du 22 février 2007 : " Il est créé, sous le nom B nationale des titres sécurisés, un établissement public national à caractère administratif placé sous la tutelle du ministre de l'intérieur. / Le siège de B est fixé par arrêté du ministre de l'intérieur " et aux termes de l'article 2 de ce décret : " B a pour mission de répondre aux besoins des administrations de l'Etat de conception, de gestion, de production de titres sécurisés et des transmissions de données qui leurs sont associées. Ces titres sont des documents délivrés par l'Etat et faisant l'objet d'une procédure d'édition et de contrôle sécurisée. / () B accomplit sa mission dans le respect des orientations générales arrêtées par l'Etat en matière de titres sécurisés et dans le cadre de la coopération européenne et internationale. Sa mission exclut l'instruction des demandes et la délivrance des titres ".

5. Il résulte des dispositions précitées que la délivrance des certificats d'immatriculation relève de la compétence du ministre de l'intérieur, B nationale des titres sécurisés (ANTS) étant seulement chargée d'éditer les titres dont la délivrance est décidée par l'autorité de l'Etat compétente. Ainsi, en l'absence, de tout examen du dossier de Mme A par l'autorité compétente pour statuer sur la délivrance du certificat d'immatriculation, la demande tendant à ce que le juge des référés enjoigne à l'ANTS d'éditer le titre sécurisé est de nature à faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative. Par suite, la condition posée à l'article L. 521-3 du code de justice administrative, tenant à ce que la mesure demandée ne fasse pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative, n'est pas remplie.

6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'urgence et l'utilité de la mesure sollicitée, qu'il y a lieu de rejeter la requête Mme A en toutes ses conclusions, selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A.

Rendue publique par mise à disposition au greffe le 19 novembre 2024.

Le juge des référés,

Signé

O. GUISERIX

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le Greffier en Chef,

Ou par délégation le greffier,

Signé

C. NICANOR

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