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AccueilJurisprudence administrativeN° TA106-2401563

Tribunal Administratif de la Guyane — Décision N° TA106-2401563

vendredi 29 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de la Guyane
SectionTribunal Administratif de la Guyane
N° DossierTA106-2401563
TypeDécision
Avocat requérantBALIMA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 13 novembre 2024, M. C A, représenté par Me Balima, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'ordonner la suspension de l'arrêté du 11 octobre 2023 par lequel le préfet de la Guyane a prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français sans délai en fixant le pays de destination ainsi qu'une interdiction de retour sur le territoire français pendant une période de deux ans ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Guyane de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " l'autorisant à travailler dans un délai de quinze jours à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

4°) à défaut, d'enjoindre au préfet de la Guyane de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de

50 euros par jour de retard et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler durant cet examen et jusqu'à la prise d'une nouvelle décision ;

5°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros à verser à Me Balima, en application des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors que son éloignement peut être mis en exécution à tout moment ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué ;

- le signataire de l'arrêté litigieux ne justifie pas de sa compétence ;

- les décisions portant obligation de quitter le territoire français, fixation du pays de renvoi et interdiction de retour sur le territoire français sont insuffisamment motivées ;

- l'arrêté litigieux est entaché d'erreurs de fait et d'une erreur de droit ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à sa situation personnelle ;

- l'arrêté litigieux méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 novembre 2024, le préfet de la Guyane conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens n'est fondé.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 13 novembre 2024 sous le numéro 2401557 par laquelle

M. A demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Mercier, greffière d'audience, Mme B a lu son rapport, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".

2. Il résulte du premier alinéa de l'article L.521-1 du code de justice administrative que lorsque, comme en l'espèce, une décision administrative fait l'objet d'une requête en annulation, le juge des référés, saisi en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. Sur le fondement de ces dispositions, M. A, ressortissant malien, demande au juge des référés de suspendre l'exécution de l'arrêté du 11 octobre 2023 par lequel le préfet de la Guyane a prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français sans délai en fixant le pays de destination ainsi qu'une interdiction de retour sur le territoire français pendant une période de deux ans.

3. Il y a lieu, en l'espèce, sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, d'admettre provisoirement M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

4. Né le 17 juillet 1981, entré en France en avril 2014 à l'âge de 33 ans, M. A fait notamment valoir qu'il vit en concubinage avec une ressortissante française depuis le mois de juillet 2021 et que ses jumeaux de nationalité française nés le 28 décembre 2002 vivent en métropole auprès de leur mère dont il est divorcé. Si le requérant indique entretenir " des relations permanentes " avec ses enfants, le jugement de divorce du 7 septembre 2020 par lequel le juge aux affaires familiales du tribunal judiciaire de Bobigny a confié l'autorité parentale exclusive à la mère et mis à la charge du père une contribution mensuelle de 250 euros, relève que M. A n'avait aucun contact avec les enfants depuis l'année 2015. Dans ces conditions, les quatre mandats cash émis les 31 décembre 2020, 29 janvier 2021, 24 mars 2021 et 3 mai 2021, postérieurement au jugement de divorce, ne sauraient justifier de ses liens avec ses enfants. Par ailleurs, si le requérant soutient qu'il est atteint d'un diabète de type 2, ni le certificat médical du 3 mai 2021 mentionnant la nécessité de soins longs et onéreux, ni aucune des pièces produites ne permettent de remettre en cause l'avis émis le 2 septembre 2020 par le collège des médecins de l'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration relevant la possibilité de bénéficier effectivement d'un traitement approprié au Mali. Enfin, si M. A invoque également des promesses d'embauche des 8 novembre 2023 et 2 décembre 2023 ainsi qu'un contrat de travail à temps complet à durée indéterminée à compter du 1er décembre 2023, il ressort des pièces du dossier qu'il n'a pas recherché à régulariser sa situation en sollicitant un titre de séjour " vie privée et familiale " l'autorisant à travailler.

5. En l'état de l'instruction, aucun autre des moyens invoqués n'étant susceptible de faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, il en résulte, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, que la requête de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles à fin d'injonction et celles présentées au titre des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

O R D O N N E :

Article 1er : M. A est admis provisoiremet au bénéfice de l'aide jurdictionnelle.

Article 2: La requête de M. A est rejetée.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A et au préfet de la Guyane.

Rendue publique par mise à disposition au greffe le 29 novembre 2024.

Le juge des référés,

Signé

E. B

La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière en Cheffe,

Ou par délégation la greffière,

Signé

S. MERCIER

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