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AccueilJurisprudence administrativeN° TA106-2500125

Tribunal Administratif de la Guyane — Décision N° TA106-2500125

lundi 17 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de la Guyane
SectionTribunal Administratif de la Guyane
N° DossierTA106-2500125
TypeDécision
PublicationD
Avocat requérantBALIMA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 27 janvier 2025, M. A C, représenté par Me Balima, demande, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, au juge des référés :

1°) de suspendre en toutes ses dispositions l'arrêté du 4 novembre 2024 du préfet de la Guyane portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français avec délai de départ ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Guyane de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Guyane, à défaut, de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard et de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 au profit de Me Balima.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie, compte tenu de l'imminence de son éloignement ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué ;

- le signataire de l'arrêté litigieux ne justifie pas de sa compétence ;

- les décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français sont insuffisamment motivées ;

- l'arrêté est entaché d'erreur de droit dès lors que les faits ayant motivé la décision ne correspondent pas à sa situation dès lors qu'il justifie d'une très bonne intégration dans la société française et qu'il est arrivé régulièrement sur le territoire il y a plus de vingt ans ;

- l'obligation de quitter le territoire français est entachée d'une erreur manifeste quant à l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- l'arrêté litigieux méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions des articles L. 421-5, L.433-6, L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers.

Par un mémoire en défense enregistré le 10 février 2025, le préfet de la Guyane conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens n'est fondé.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 27 janvier 2025 sous le numéro 2500124 par laquelle M. C demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Ont été entendus au cours de l'audience publique, le rapport de M. B, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Il résulte du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative que lorsque, comme en l'espèce, une décision administrative fait l'objet d'une requête en annulation, le juge des référés, saisi en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. M. C, ressortissant brésilien, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond, de l'arrêté du 4 novembre 2024 par lequel le préfet de la Guyane a refusé de renouveler son titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire avec délai de départ.

2. M. C, né le 2 février 1983 à Maraba (Brésil), qui est arrivé régulièrement sur le territoire français en 2002, s'est marié avec une personne de nationalité française en 2011, a été titulaire de plusieurs cartes de séjour temporaire et a sollicité le 11 décembre 2023 une demande de renouvellement de son titre de séjour.

3. Le préfet de la Guyane, qui produit un extrait du fichier TAJ indiquant que l'intéressé aurait commis diverses infractions en 2014 et 2017 incluant des violences sur conjoint et un extrait de son casier judiciaire mentionnant que M. C a été condamné par le tribunal correctionnel de Cayenne à un an d'emprisonnement pour menace de mort réitérée et violence avec usage ou menace d'une arme, fait valoir que la présence de l'intéressé est une menace pour l'ordre public.

4. Cette circonstance doit être examinée au regard des éléments dont se prévaut le requérant, à savoir la durée continue de son séjour en France, ses liens avec son épouse de nationalité française et son intégration par le travail. A cet égard, si M. C se prévaut de ce qu'il est gérant d'une entreprise de maçonnerie, il est célibataire et ne justifie d'aucune attache familiale en Guyane, l'intéressé étant séparé de son épouse, celle-ci résidant en France métropolitaine. Dans ces conditions et alors même que le requérant a bénéficié de titres de séjour successifs, l'ensemble des éléments débattus ne sont pas de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision portant refus de renouvellement de titre de séjour au regard des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des stipulations l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

5. En l'état de l'instruction, aucun des moyens invoqués par C n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté du 4 novembre 2024 en tant qu'il porte refus de séjour et obligation de quitter le territoire français.

6. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, que la requête de M. C ne peut qu'être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C et au préfet de la Guyane.

Rendue publique par mise à disposition au greffe, le 17 février 2025.

Le juge des référés,

Signé

O. B

La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Ou par délégation le greffier,

Signé

M-Y. METELLUS

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