mardi 25 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2500333 |
| Type | Décision |
| Avocat requérant | ROZENBERG |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 mars 2025, M. A C, représenté par Me Rozenberg, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de la décision du 24 janvier 2025 portant obligation de quitter le territoire français, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Guyane de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir et de lui délivrer, durant cet examen, un récépissé l'autorisant à résider en France ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que la mesure d'éloignement implique une cessation de son activité et qu'il ne pourrait subvenir aux besoins de sa compagne et de son enfant qui se trouveraient en grande précarité financière ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision :
* le signataire de l'arrêté litigieux ne justifie pas de sa compétence ;
* la décision portant obligation de quitter le territoire français et celle fixant le pays de destination sont suffisamment motivées ;
* la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'il est présent sur le territoire depuis 2021, qu'il a une compagne, elle-même mère d'un enfant dont il s'occupe, que sa mère, sa sœur et son frère sont présents de manière régulière sur le territoire, qu'il est inséré dans la société par son activité professionnelle de mécanicien et qu'il perçoit un salaire mensuel de 2 000 euros ;
* l'arrêté est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense enregistré le 24 mars 2025, le préfet de la Guyane conclut au non-lieu à statuer.
Il fait valoir que la mesure a été entièrement exécutée.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 11 mars 2025 sous le numéro 2500332 par laquelle M. C demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Nicanor, greffière d'audience, M. Guiserix a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Rozenberg, pour le requérant ;
- les observations de M. B, pour le préfet de la Guyane.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
2. M. C, ressortissant brésilien né en 1991, est entré sur le territoire en 2021, à l'âge de 30 ans. Interpelé dans le cadre d'une vérification du droit de circulation ou du séjour, l'intéressé a fait l'objet d'un arrêté du 24 janvier 2025 portant obligation de quitter le territoire français sans délai et l'interdisant de séjour pour une durée de deux ans. Par la présente requête, M. C demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
3. Il résulte de l'instruction que la mesure d'éloignement de M. C a été exécutée le 24 janvier 2025. Dans ces conditions, les conclusions présentées par le requérant tendant à la suspension de la décision portant obligation de quitter le territoire français et à ce que soit enjoint au préfet de la Guyane de réexaminer sa situation sont devenues sans objet. Il n'y a donc plus lieu d'y statuer et l'exception de non-lieu à statuer opposée en défense doit être accueillie.
4. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances particulières de l'affaire, de faire droit aux conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. C tendant à la suspension de la décision portant obligation de quitter le territoire français et aux fins d'injonction.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C et au préfet de la Guyane.
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 25 mars 2025.
Le juge des référés,
Signé
O. GUISERIX
La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le Greffier en Chef,
Ou par délégation le greffier,
Signé
C. NICANOR