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AccueilJurisprudence administrativeN° TA106-2500448

Tribunal Administratif de la Guyane — Décision N° TA106-2500448

mardi 15 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de la Guyane
SectionTribunal Administratif de la Guyane
N° DossierTA106-2500448
TypeDécision
Avocat requérantLOBEAU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, un mémoire complémentaire et un mémoire en réplique, enregistrés le 29 mars 2025, le 10 avril 2025 et 13 avril 2025, M. C A, représenté par Me Lobeau, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'ordonner la suspension des effets de la décision du 24 janvier 2025 par laquelle le recteur de l'académie de la Guyane a pris à son encontre une sanction disciplinaire de déplacement d'office ;

2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 300 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'urgence est caractérisée par l'atteinte grave et immédiate à ses intérêts dès lors que la décision litigieuse lui fait supporter un déménagement et des frais inhérents à ce déménagement qui entraînerait des changements dans ses conditions d'existence ; que la sanction de déplacement d'office constitue une mise à l'écart dès lors qu'il est affecté sur un poste de titulaire remplaçant avec un rattachement au collège de Cayenne ;

- la décision est entachée d'illégalité dès lors qu'aucun document n'atteste de l'engagement de la procédure disciplinaire dans le délai de trois ans à compter des faits reprochés ; que, par suite, il y a prescription des faits ;

- la décision litigieuse ne respecte pas les droits de la défense dès lors que le procès-verbal du conseil de discipline du 19 novembre 2024 ne figurait pas dans son dossier qu'il a consulté le 7 février 2025 ;

- l'avis du conseil de discipline n'est pas motivé et atteste d'un défaut d'enquête ;

- la décision attaquée est entachée d'une illégalité relevant d'une erreur d'appréciation des faits dès lors qu'il n'était pas le professeur d'un des enfants de la personne avec laquelle il a eu une altercation ; que les témoignages émanent seulement de deux enseignants alors que trois enseignants étaient présents lors de l'altercation ; que l'animosité à l'égard de son homosexualité connue de la population est à l'origine des incidents ; que les faits n'ont donné lieu à aucune poursuite judiciaire ; qu'il s'est exprimé à l'encontre de ses collègues dans un message sans outrance, ni menace.

Par un mémoire en défense enregistré le 11 avril 2025, le recteur de la Guyane conclut au rejet de la requête.

Il oppose la tardiveté de la requête en annulation et fait valoir que :

- l'urgence n'est pas caractérisée ;

- aucun des moyens soulevés dans la requête n'est fondé.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 29 mars 2025 sous le numéro 2500449 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'éducation nationale ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Rolin, vice-présidente, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Mercier, greffière d'audience, Mme Rolin a lu son rapport et entendu :

- les observations de Me Lobeau, pour le requérant ;

- les observations de M. B, pour le préfet de la Guyane.

La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".

2. Par une décision du 24 janvier 2025, le recteur de l'académie de la Guyane a prononcé à l'encontre de M. A, professeur certifié de lettres classiques une sanction de déplacement d'office qui constitue une sanction disciplinaire du second groupe. À la date de la présente ordonnance, il résulte de l'instruction que M. A a conservé sa qualité de professeur de français sans perte de rémunération notoire. Si, pour justifier de l'urgence, le requérant se prévaut d'une obligation de déménagement de Saint Georges à Cayenne et de frais d'installation à sa charge, non seulement cette allégation n'est pas suffisamment établie, ni assortie de précisions suffisantes, mais surtout cette circonstance ne justifie pas à elle seule que la condition d'urgence soit remplie. Par suite, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la recevabilité de la requête en annulation, les conclusions aux fins de suspension de l'exécution de la décision attaquée, et celles, au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative, doivent être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A et au recteur de l'académie de la Guyane.

Rendue publique par mise à disposition au greffe le 15 avril 2025.

Le juge des référés,

Signé

E. ROLIN

La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière en Cheffe,

Ou par délégation la greffière,

Signé

S. MERCIER

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