vendredi 18 avril 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2500486 |
| Type | Décision |
| Avocat requérant | LAMA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 avril 2025, M. A B, représenté par Me Lama, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision " 48 SI " du 30 janvier 2025 par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer a invalidé son permis de conduire pour solde de point nul et lui a enjoint de restituer ce document aux services préfectoraux dans un délai de dix jours, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie ; la décision compromet gravement l'exercice de sa profession dès lors qu'il est transporteur routier de personnes ; que son permis de conduire lui permet de gagner sa vie et de nourrir sa famille ; qu'à 64 ans, ses chances de retrouver un emploi sont très faibles en raison de son âge ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision ;
- il n'a pas reçu de notification préalable au retrait de points ni d'information préalable conformément aux dispositions des articles L. 233-3 et R. 223-3 du code de la route ;
- la réalité des infractions en cause n'est pas établie.
Par un mémoire en défense enregistré le 9 avril 2025, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie ;
- aucun des moyens soulevés dans la requête n'est fondé.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 3 avril 2025 sous le numéro 2500485 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Rolin, vice-présidente, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Mercier, greffière d'audience, Mme Rolin a lu son rapport, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation des requérants ou aux intérêts qu'ils entendent défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications apportées par les requérants, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. La condition d'urgence s'apprécie objectivement et globalement au regard de l'intérêt du demandeur mais aussi de l'intérêt public et notamment, s'agissant d'une décision d'invalidation d'un permis de conduire, des exigences liées à la protection de la sécurité routière.
3. Pour établir l'urgence à suspendre l'exécution de la décision en litige, M. B soutient que la décision compromet gravement l'exercice de sa profession dès lors qu'il est transporteur routier de personnes et qu'il a besoin de son permis de conduire pour gagner sa vie et nourrir sa famille. Il a 64 ans et a très peu de chances de retrouver un emploi en raison de son âge. Toutefois, il ressort du relevé d'information intégral du permis de conduire que toutes les infractions mentionnées ont donné lieu au paiement des amendes forfaitaires correspondantes en particulier pour les trois dernières infractions relevées de non-respect d'arrêt absolu au stop à une intersection le 10 septembre 2024 à 13h40 à Cayenne et pour usage d'un téléphone par conducteur d'un véhicule en circulation les 10 octobre 2023 à 11h43 à Cayenne et
10 novembre 2022 à 10h49 à Saint Laurent du Maroni. Dans ces circonstances, l'invalidation de son permis de conduire répond à des exigences de protection et de sécurité routière. Par suite, la condition d'urgence exigée par les dispositions susmentionnées de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, qui doit s'apprécier objectivement et globalement, ne peut être regardée comme remplie.
4. Il résulte de ce qui précède et sans qu'il soit besoin d'examiner les moyens propres à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée, que la requête présentée par
M. B doit, par suite, être rejetée dans toutes ses conclusions, y compris celles présentées en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur.
Copie sera adressée pour information au préfet de la Guyane.
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 18 avril 2025.
Le juge des référés,
Signé
E. ROLIN
La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière en Cheffe,
Ou par délégation la greffière,
Signé
S. MERCIER