LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA106-2500487

Tribunal Administratif de la Guyane — Décision N° TA106-2500487

lundi 7 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de la Guyane
SectionTribunal Administratif de la Guyane
N° DossierTA106-2500487
TypeOrdonnance
Avocat requérantAUBERT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 4 avril 2025, M. C B A, représenté par

Me Masclaux au juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté du 3 avril 2025 par lequel le préfet de la Guyane lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai et les décisions afférentes ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Guyane de lui délivrer un titre de séjour en raison de ses liens personnels et familiaux, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. B A soutient que :

- l'urgence est caractérisée dès lors que la décision d'éloignement litigieuse est susceptible d'être immédiatement exécutée ;

- la décision litigieuse porte une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté de mener une vie familiale normale et à l'intérêt supérieur de son enfant âgé de six ans atteint d'une grave maladie qui implique un suivi très régulier à l'hôpital ;

- il n'a plus de contact avec sa famille au Brésil, ses deux sœurs et sa mère résident en Guyane.

Par un mémoire en défense enregistré le 7 avril 2025, le préfet de la Guyane conclut au rejet de la requête.

Le préfet de la Guyane fait valoir que l'urgence est caractérisée mais que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Rolin, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Prosper, greffière d'audience, Mme Rolin a lu son rapport et entendu les observations de Me Masclaux pour M. B A ; le préfet de la Guyane n'étant ni présent, ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée, à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant brésilien, né le 6 avril 1995 à Tartarugalzinho au Brésil, déclare être entré irrégulièrement sur le territoire avec sa mère, il y a 23 ans et y résider de manière continue. Le 3 avril 2025, le préfet de la Guyane a émis à son encontre un arrêté par lequel il l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de deux ans. Par un arrêté du même jour, il a été placé en rétention administrative.

Sur l'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ". Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de M. B A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

3. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. () ".

4. L'intervention du juge des référés dans les conditions d'urgence particulière prévues par l'article L. 521-2 du code de justice administrative est subordonnée au constat que la situation litigieuse permette de prendre utilement et à très bref délai les mesures de sauvegarde nécessaires. En l'espèce, la perspective de la mise en œuvre à tout moment de la mesure portant obligation de quitter le territoire français est de nature à caractériser une situation d'urgence ouvrant au juge des référés le pouvoir de prononcer la suspension de cette décision.

5. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ".

6. Au soutien de son argumentation selon laquelle la mesure en litige porterait une atteinte grave à sa liberté de mener une vie privée et familiale normale et à l'intérêt supérieur de son enfant, M. B A indique être entré en Guyane avec sa mère il y a 23 ans et, s'y être maintenu. Il réside toujours chez sa mère en situation régulière et, il est le père d'un enfant âgé de 6 ans qui souffre d'une pathologie qui nécessite un suivi très régulier à l'hôpital de Cayenne. Il produit plusieurs pièces dont une convocation à l'hôpital pour une consultation de pédiatrie le

24 avril 2025 et un compte rendu de consultation médicale du 24 octobre 2024 qui atteste du besoin d'une surveillance de son enfant pour vérifier la bonne tolérance au traitement prescrit en raison de crises d'épilepsie. Il résulte également de l'instruction que les deux sœurs du requérant bénéficient de cartes de résident de même que sa grand-mère. Enfin, M. B A ajoute deux témoignages écrits l'un d'une de ses sœurs, l'autre de la mère de son enfant qui soulignent qu'il est très présent pour son fils alors même qu'en s'étant maintenu en situation irrégulière, il ne peut bénéficier d'un emploi stable comme maçon pour contribuer à l'entretien et l'éducation de son fils. Par suite, dans les circonstances particulières de l'espèce, l'exécution de la décision en cause doit être regardée comme portant atteinte de manière grave et manifestement illégale au droit du requérant de mener une vie privée et familiale normale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il y a lieu, dès lors, d'enjoindre au préfet de la Guyane de suspendre l'exécution de la mesure d'éloignement dont il fait l'objet.

7. La présente ordonnance, qui se borne à suspendre les effets de la mesure d'éloignement, n'implique aucune mesure d'exécution au sens des articles L. 911-1 et L.911-2 du code de justice administrative. Les conclusions du requérant tendant au réexamen de sa situation ne peuvent, dès lors, être accueillies.

8. Dans les circonstances de l'affaire, il y a lieu de condamner l'Etat, sur le fondement des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, à payer à son conseil, Me Masclaux, la somme de 800 euros, dont le recouvrement vaut renonciation à percevoir la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.

O R D O N N E :

Article 1er : M. B A est admis à l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : L'exécution de l'arrêté du 3 avril 2025 du préfet de la Guyane est suspendue.

Article 3 : L'Etat versera à Me Masclaux une somme de 800 euros, en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que

Me Masclaux renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B A est rejeté.

Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B A et au préfet de la Guyane.

Copie sera adressée pour information à la CIMADE et au service territorial de polices aux frontières.

Rendue publique par mise à disposition au greffe le 7 avril 2025.

Le juge des référés,

Signé

E. ROLIN

La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

Le Greffier en Chef,

Ou par délégation le greffier,

Signé

S. PROSPER

N°2500487

← Retour aux décisions