jeudi 10 avril 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2500517 |
| Type | Ordonnance |
| Avocat requérant | M'LANAO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 9 avril 2025, M. A B, représenté par
Me M'Lanao, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'arrêté du préfet de la Guyane du 30 janvier 2025 portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français avec délai de départ ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Guyane de lui délivrer dans un délai de quinze jours une autorisation provisoire de séjour, avec autorisation de travailler, et ce, dans l'attente du jugement à intervenir au principal ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 900 euros à verser à Me M'Lanao en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve de sa renonciation à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'il fait l'objet d'une mesure d'éloignement sans possibilité de former un recours pour excès de pouvoir ayant un caractère suspensif et qu'elle est susceptible d'être exécutée à tout moment ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision ;
- l'arrêté est insuffisamment motivé quant au trouble à l'ordre public retenu ;
- il est entaché d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation dès lors que les faits qui lui sont reprochés ne caractérisent pas une menace pour l'ordre public au sens des dispositions de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en portant atteinte à sa vie privée et familiale dès lors qu'il vit en concubinage avec la mère de ses enfants qui est française et que ses trois enfants sont de nationalité française ;
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 8 avril 2025 sous le numéro 2500513 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Rolin, vice-présidente, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant haïtien né en 1986, déclare être entré sur le territoire français en 2014 à l'âge de 28 ans. Il a sollicité un titre de séjour en tant que parent d'enfant français qui a fait l'objet d'un refus aux motifs qu'il constitue une menace et un trouble pour l'ordre public eu égard à de multiples et graves infractions. Par la présente requête, il demande la suspension de l'arrêté préfectoral du 30 janvier 2025 portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français dans un délai de départ de trente jours à compter de sa notification.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
3. En l'état de l'instruction, aucun des moyens invoqués par M. B et tirés de ce que la décision contestée est insuffisamment motivée, qu'elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux et approfondi de sa situation et méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en portant atteinte à sa vie privée et familiale n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition tenant à l'urgence, que la requête de M. B doit être rejetée dans toutes ses conclusions, en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Copie en sera adressée, pour information, au préfet de la Guyane.
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 10 avril 2025.
Le juge des référés,
Signé
E. ROLIN
La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le Greffier en Chef,
Ou par délégation le greffier,
Signé
S. PROSPER