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AccueilJurisprudence administrativeN° TA106-2500548

Tribunal Administratif de la Guyane — Décision N° TA106-2500548

jeudi 17 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de la Guyane
SectionTribunal Administratif de la Guyane
N° DossierTA106-2500548
TypeDécision

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de la Guyane, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 20 mars 2025 obligeant M. B A, ressortissant colombien, à quitter le territoire français. Le juge estime que la condition d'urgence est remplie, mais qu'aucun des moyens soulevés, notamment celui tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, n'est de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision. La requête est donc rejetée comme manifestement mal fondée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 15 avril 2025, M. C B A doit être regardé comme demandant au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle et de lui désigner un avocat ;

2°) d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté du 20 mars 2025 par laquelle le préfet de la Guyane lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans ;

3°) à titre principal, d'enjoindre au préfet de la Guyane de lui délivrer un titre de séjour ;

4°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet de la Guyane de réexaminer sa situation ;

5°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors que la décision litigieuse est exécutoire d'office et que son éloignement à destination de la Colombie est fixé au 17 avril 2025 ;

- il existe des moyens propres à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué, qui :

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- est entachée d'incompétence ;

- est entachée d'un vice de procédure tiré de la méconnaissance du droit d'être entendu ;

- est entachée d'un défaut de motivation ;

- est entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;

- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

S'agissant de la décision fixant le délai de départ volontaire :

- est entachée d'un défaut de motivation ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

S'agissant de la décision fixant le pays de destination :

- est entachée d'un défaut de motivation ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- est entachée d'un défaut de motivation ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 15 avril 2025 sous le numéro 2500546 par laquelle M. B A demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Rolin, vice-présidente, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

2. M. B A, ressortissant colombien né en 1994, est entré sur le territoire en 2021, à l'âge de 27 ans. Interpelé dans le cadre d'une vérification du droit de circulation ou du séjour, l'intéressé a fait l'objet d'un arrêté du 20 mars 2025 portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de destination et l'interdisant de séjour pour une durée de deux ans. Par la présente requête, M. B A demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de cet arrêté.

3. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ". Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'admettre provisoirement le requérant au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

4. Pour faire échec à la mesure d'éloignement ordonnée, M. B A se prévaut notamment, au visa de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de sa présence sur le territoire depuis 2021 ainsi que de celle de sa mère, dont il soutient qu'elle est atteinte d'une maladie chronique, et de celles de ses trois frères et sœurs scolarisés en Guyane. Toutefois, les éléments relatifs à la vie privée et familiale dont se prévaut M. B A sont insuffisants, dès lors qu'il résulte de l'instruction qu'il est célibataire sans enfant, qu'il ne déclare aucune activité, ni d'ailleurs aucun revenu et se contente de se prévaloir d'une promesse d'embauche, au demeurant postérieure à la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de son droit au respect de sa vie privée et familiale n'est pas de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

5. Par ailleurs, aucun des autres moyens invoqués n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué pris en toutes ses dispositions.

6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la condition de l'urgence, que la requête de M. B A doit être rejetée en toutes ses conclusions, en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B A.

Copie pour information, sera adressée au préfet de la Guyane.

Rendue publique par mise à disposition au greffe le 17 avril 2025.

Le juge des référés,

Signé

E. ROLIN

La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière en Cheffe,

Ou par délégation la greffière,

Signé

S. MERCIER

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