jeudi 24 avril 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2500553 |
| Type | Décision |
| Avocat requérant | M'LANAO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 avril 2025, M. A B représenté par
Me M'Lanao, demande au juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article
L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté du 24 septembre 2024 du préfet de la Guyane portant refus de séjour, obligation de quitter le territoire français avec délai de départ et fixant le pays de renvoi ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Guyane de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de quinze jours à compter de l'ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 900 euros en application de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie au regard de ses conséquences sur sa situation personnelle et familiale ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée ;
- l'arrêté fixant le pays de renvoi méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'en cas de retour en Haïti, il sera particulièrement exposé à des risques de traitements inhumains et dégradants ;
- la décision litigieuse méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en portant atteinte à sa vie privée et familiale dès lors qu'il est arrivé sur le territoire en 2017 sur lequel il vit avec ses parents et ses frères et sœurs scolarisés en Guyane.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 16 avril 2025 sous le numéro 2500552 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Rolin, vice-présidente, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. " En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
2. Il résulte des dispositions des deux premiers alinéas de l'article R. 414-5 du code de justice administrative que, lorsqu'il utilise le téléservice mentionné à l'article R. 414-2, le requérant transmet chaque pièce par un fichier distinct, à peine d'irrecevabilité de sa requête. Aux termes du troisième alinéa de l'article R. 414-5 : " Chaque fichier transmis au moyen de l'application mentionnée à l'article R. 414-1 porte un intitulé commençant par le numéro d'ordre affecté à la pièce qu'il contient par l'inventaire détaillé. Lorsque le requérant recourt à la génération automatique de l'inventaire permise par l'application, l'intitulé du fichier décrit également le contenu de cette pièce de manière suffisamment explicite. Chaque pièce transmise au moyen du téléservice mentionné à l'article R. 414-2 porte un intitulé décrivant son contenu de manière suffisamment explicite. "
3. Ces dispositions ont pour finalité de permettre un accès uniformisé et rationalisé à chacun des éléments du dossier de la procédure, selon des modalités communes aux parties, aux auxiliaires de justice et aux juridictions. A cette fin, elles organisent la transmission par voie électronique des pièces jointes à la requête à partir de leur inventaire détaillé et font obligation à son auteur de les transmettre en les distinguant chacune par un fichier désigné, l'intitulé des fichiers devant être conforme à l'inventaire qui accompagne la requête.
4. La requête présentée par M. B a été enregistrée au moyen de l'application Télérecours. Si la requête de M. B était accompagnée de onze pièces jointes, ces pièces ne sont pas répertoriées chacune par un signet qui la désignerait par un intitulé conforme à un inventaire. Par un courrier du 17 avril 2025, le tribunal l'a invité à régulariser sa requête dans un délai de deux jours, en indiquant que chacune des pièces jointes à l'appui de sa requête doit porter un intitulé commençant par le numéro d'ordre affecté à la pièce qu'il contient par l'inventaire détaillé. En dépit de ce courrier, M. B n'a pas régularisé la requête dans le délai qui lui était accordé. Par suite, la requête méconnaît les dispositions précitées de l'article R. 414-5 et est, dès lors, manifestement irrecevable.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B être rejetée en toutes ses conclusions selon la procédure prévue par les dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Copie pour information sera adressée au préfet de la Guyane.
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 24 avril 2025.
La juge des référés,
Signé
E. ROLIN
La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation le greffier,
Signé
R. DELMESTRE GALPE