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AccueilJurisprudence administrativeN° TA106-2500636

Tribunal Administratif de la Guyane — Décision N° TA106-2500636

jeudi 19 juin 2025

JuridictionTribunal Administratif de la Guyane
SectionTribunal Administratif de la Guyane
N° DossierTA106-2500636
TypeDécision
Avocat requérantRIVIERE

Résumé IA

Le Tribunal administratif de la Guyane, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. B, ressortissant brésilien. Ce dernier demandait qu'il soit enjoint au préfet de lui fixer un rendez-vous pour déposer une demande de titre de séjour. Le juge a estimé que cette mesure faisait obstacle à l'exécution d'une obligation de quitter le territoire français prise à son encontre le 7 février 2025, ce qui n'est pas permis par l'article L. 521-3. La condition d'utilité de la mesure n'était donc pas remplie.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 5 mai 2025, M. A B, représenté par Me Rivière, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Guyane de lui fixer un rendez-vous et de lui délivrer à cette occasion un récépissé de dépôt de demande de titre de séjour, et ce, dans les quinze jours suivant la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros à verser à Me Rivière en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve pour cette dernière de renoncer à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors que l'absence de diligences de l'administration en vue de lui délivrer un rendez-vous pour l'enregistrement de sa demande de titre de séjour le maintient dans une situation présentant un risque d'éloignement immédiat vers le Brésil au regard de l'obligation de quitter le territoire et l'interdiction de séjour dont il fait l'objet, que ces décisions sont particulièrement attentatoires à son droit de mener une vie privée et familiale normale et à l'intérêt de supérieur de sa fille scolarisée en Guyane depuis l'année 2021-2022, de sa communauté de vie avec la mère de sa fille en situation régulière depuis près de dix ans et de son ancienneté de séjour significative ;

- la mesure sollicitée est utile dès lors qu'il a tenté de prendre un rendez-vous par voie dématérialisée sur la plateforme internet correspondante, laquelle est saturée et qu'il a adressé, par courrier postal, une demande de rendez-vous demeurée sans réponse.

La requête a été communiquée au préfet de la Guyane le 6 mai 2025 qui n'a pas produit d'observations.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ". En vertu de ces dispositions, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie à la condition que ces mesures soient utiles, ne se heurtent à aucune contestation sérieuse et ne fassent en principe pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.

2. Par la présente requête, M. B, ressortissant brésilien né en 1969, a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sans délai de départ, assortie d'une interdiction de retour sur le territoire pour une durée de cinq ans le 7 février 2025. Par une ordonnance du 17 avril 2025, le juge des référés du tribunal administratif de la Guyane a rejeté la demande de suspension de ces décisions. Par la présente requête, M. B demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de la Guyane de lui délivrer un rendez-vous en préfecture afin qu'il puisse déposer sa première demande de titre de séjour.

3. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ". Eu égard à la nature de la requête, sur laquelle il doit être statué en urgence, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

4. En l'espèce, pour solliciter une injonction à ce que le préfet lui délivre un rendez-vous en vue de déposer son dossier d'admission au séjour, M. B se prévaut de sa situation privée et familiale, de son ancienneté sur le territoire, de la mesure d'éloignement dont il fait l'objet, ainsi que du fait qu'il a envoyé une demande de rendez-vous par courrier recommandé au préfet de la Guyane dont il a accusé réception le 7 novembre 2023, ainsi qu'un courrier de relance réceptionné le 27 janvier 2025. Toutefois, si le requérant soutient qu'aucune suite n'a été donnée à sa demande de rendez-vous, il résulte de l'instruction que le préfet de la Guyane a pris, à son encontre, un arrêté du 7 février 2025 portant obligation de quitter le territoire français, assortie d'une interdiction de séjour pour une durée de cinq ans. Par suite, la demande présentée par M. B, tendant à ce que le juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, enjoigne au préfet de la Guyane de lui octroyer un rendez-vous pour le dépôt de sa demande de titre de séjour, fait nécessairement obstacle à l'obligation de quitter le territoire français du 7 février 2025 dont il fait l'objet. Dès lors, la mesure sollicitée n'est pas au nombre de celles qui sont susceptibles d'être prononcées par le juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles présentées au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

O R D O N N E :

Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : La requête de M. B est rejetée.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au préfet de la Guyane.

Rendue publique par mise à disposition au greffe le 19 juin 2025 .

Le juge des référés,

Signé

O. GUISERIX

La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière en Cheffe,

Ou par délégation la greffière,

Signé

S. MERCIER

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