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AccueilJurisprudence administrativeN° TA106-2500699

Tribunal Administratif de la Guyane — Décision N° TA106-2500699

jeudi 5 juin 2025

JuridictionTribunal Administratif de la Guyane
SectionTribunal Administratif de la Guyane
N° DossierTA106-2500699
TypeDécision

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de la Guyane, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de Mme A, qui contestait le refus implicite du président du conseil médical de la Guyane de la convoquer. Le juge a relevé d'office que ce silence ne constitue pas une décision administrative susceptible de faire l'objet d'un référé-suspension sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative. Il a rappelé qu'il appartient à l'administration de saisir le conseil médical pour avis, conformément au décret n° 86-442 du 14 mars 1986, et non à l'agent. La requête a donc été rejetée comme irrecevable.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 20 mai 2025, Mme B A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision par laquelle le président du conseil médical de la Guyane lui a implicitement refusé la délivrance d'une date de convocation devant le conseil médical ;

2°) d'enjoindre au président du conseil médical de la Guyane de fixer une date à laquelle elle sera convoquée devant le conseil médical.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'elle se trouve privée du versement de son traitement et que l'avis du conseil médical présente un caractère obligatoire ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée dès lors qu'elle méconnaît les dispositions du décret n° 86-442 du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires.

La requête a été communiquée au garde des sceaux, ministre de la justice qui n'a pas produit d'observations.

La requête a été communiquée au directeur du centre pénitentiaire de Guyane qui n'a pas produit d'observations.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête n°2500313, enregistrée le 7 mars 2025, par laquelle Mme A demande l'annulation de la décision contestée.

Par un courrier du 5 janvier 2025, les parties ont été informées, avant l'audience, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement à intervenir était susceptible d'être fondé sur un moyen d'ordre public, relevé d'office, tiré de ce que le silence gardé par le président du conseil médical sur la demande de Mme A tendant à ce qu'elle soit convoquée devant le conseil médical ne constitue pas une décision administrative susceptible de faire l'objet d'une demande de suspension.

Vu :

- la loi n° 2000-321 du 12 avril 2000 relative aux droits des citoyens dans leurs relations avec les administrations ;

- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Rolin, vice-présidente, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Prosper, greffière d'audience, Mme Rolin a lu son rapport et entendu les observations de Mme A, le garde des sceaux, ministre de la justice et le directeur du centre pénitentiaire de Guyane n'étant ni présents, ni représentés ;

La clôture de l'instruction a été prononcée, à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, première surveillante, au centre pénitentiaire de Rémire-Montjoly a été placée, par un arrêté du 9 juillet 2024, en disponibilité d'office, pour raison de santé après un congé de maladie ordinaire pour une période d'un an à compter du 1er novembre 2023. Par un arrêté du 23 octobre 2024, la requérante a été maintenue en position de disponibilité d'office pour raison de santé pour une nouvelle période d'un an à compter du

1er novembre 2024, dans l'attente de l'avis du conseil médical. Par un courrier du

1er février 2025, notifié le 3 février 2025, Mme A a adressé au président du conseil médical, une demande de convocation devant le conseil médical. Par la présente requête, elle demande au juge des référés de suspendre l'exécution, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de la décision implicite de rejet née du silence gardé par le président du conseil médical de la Guyane sur sa demande de convocation

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ".

3. D'une part, aux termes de l'article 7 du décret du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires : " I.- Les conseils médicaux en formation restreinte sont consultés pour avis sur : () 5° La mise en disponibilité d'office pour raison de santé, son renouvellement et la réintégration à l'issue d'une période de disponibilité pour raison de santé ; () ". Il résulte de ces dispositions que lorsque l'agent a épuisé ses droits à congé de maladie ordinaire et lorsqu'il a demandé son placement en congé de longue maladie, il appartient à l'administration qui l'emploie de saisir le conseil médical, qui doit se prononcer, le cas échéant, sur son éventuelle reprise de fonctions ou sur sa mise en disponibilité, son reclassement dans un autre emploi ou son admission à la retraite ou son placement en congé de longue maladie et de mettre cet agent en disponibilité d'office à titre provisoire en maintenant son demi-traitement, dans l'attente de la décision qui sera prise après l'émission de l'avis du conseil médical.

4. D'autre part, aux termes de l'article 8 du même décret du 14 mars 1986 : " Les conseils médicaux sont saisis pour avis par l'administration, à son initiative ou à la demande du fonctionnaire " et de l'article 9 : " Le médecin président du conseil médical instruit les dossiers soumis au conseil médical. Il peut confier l'instruction de dossiers aux autres médecins membres du conseil (). ". Il résulte de ces dispositions que seule l'administration peut saisir le conseil médical et que le président du conseil médical, instance consultative, ne peut être regardé comme une autorité administrative au sens de la loi du 12 avril 2000 relative aux droits des citoyens dans leurs relations avec les administrations.

5. En l'espèce, par courrier du 1er février 2025, Mme A a adressé au président du conseil médical, une demande de convocation devant le conseil médical. Cette demande est restée sans réponse. Toutefois, le silence gardé par le président du conseil médical, qui au demeurant doit être saisi par l'administration pour avis et ne peut l'être directement par le fonctionnaire en application de l'article 8 du décret du 14 mars 1986 précité, n'a pu faire naître une décision administrative susceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir et, donc d'une demande de suspension. Il suit de là que les conclusions à fin de suspension présentées par Mme A sont manifestement irrecevables.

6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée en toutes ses conclusions y compris celles à fin d'injonction.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A, au garde des sceaux, ministre de la justice et au directeur du centre pénitentiaire de Guyane.

Rendue publique par mise à disposition au greffe le 5 juin 2025.

La juge des référés,

Signé

E. ROLIN

La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière en Cheffe,

Ou par délégation la greffière,

Signé

S. PROSPER

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