jeudi 19 juin 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2500705 |
| Type | Ordonnance |
| Avocat requérant | PIALOU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 février 2025, M. A B représenté par Me Pialou demande au tribunal, sur le fondement de l'article L. 911-4 du code de justice administrative :
1°) de faire procéder, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, à l'exécution du jugement n°2200897 du 26 septembre 2024 par lequel le tribunal administratif de la Guyane a enjoint au préfet de la Guyane, sous réserve d'un changement dans les circonstances de droit et de fait, de délivrer à M. B un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", dans un délai de deux mois à compter de la notification dudit jugement ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que le jugement n°2200897 demeure inexécuté dès lors qu'il ne s'est vu délivrer aucun titre de séjour.
Par ordonnance du 21 mai 2025, le président du tribunal administratif de la Guyane a ordonné l'ouverture d'une phase juridictionnelle enregistrée sous le n° 2500705, en application des dispositions de l'article R. 921-6 du code de justice administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 juin 2025 le préfet de la Guyane conclut au non-lieu à statuer sur la requête.
Il fait valoir que :
- le jugement n°2200897 a été exécuté dès lors qu'une carte de séjour temporaire a été éditée le 27 décembre 2024 ;
- l'intéressé étant en détention, il n'a pu se voir délivrer son titre de séjour ;
- l'intéressé ayant fait l'objet de cinq condamnations postérieures à l'arrêté du 4 mai 2022, son titre de séjour lui a été retiré par décision du 22 avril 2025.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- le jugement n°2200897 du 26 septembre 2024.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : () 3° Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête () ".
2. Aux termes de l'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement (), la partie intéressée peut demander à la juridiction, une fois la décision rendue, d'en assurer l'exécution. Si le jugement () dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte ".
3. Par un jugement n°2200897 du 26 septembre 2024, le tribunal administratif de la Guyane a enjoint au préfet de la Guyane, sous réserve d'un changement dans les circonstances de droit et de fait, de délivrer à M. B un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", dans un délai de deux mois à compter de la notification dudit jugement.
4. Il résulte de l'instruction que le 27 décembre 2024, le préfet de la Guyane a édité au bénéfice de M. B, une carte de séjour temporaire valable du 23 décembre 2024 au 22 décembre 2025. Dans ces conditions, les conclusions aux fins d'exécution du jugement n°2200897 du 26 septembre 2024 du tribunal administratif de la Guyane en tant qu'il a enjoint au préfet de la Guyane, sous réserve d'un changement dans les circonstances de droit et de fait, de délivrer à M. B un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " sont devenues sans objet. Il n'y a donc plus lieu d'y statuer.
5. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à M. B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur la demande d'exécution jugement n°2200897 du 26 septembre 2024 présentée par M. B.
Article 2 : Les conclusions de M. B présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au préfet de la Guyane.
Rendue publique par mise à disposition au greffe 19 juin 2025.
Le président,
Signé
O. C
La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation le greffier,
Signé
C. PAUILLAC