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AccueilJurisprudence administrativeN° TA106-2500737

Tribunal Administratif de la Guyane — Décision N° TA106-2500737

mardi 3 juin 2025

JuridictionTribunal Administratif de la Guyane
SectionTribunal Administratif de la Guyane
N° DossierTA106-2500737
TypeOrdonnance
Avocat requérantMARCIGUEY

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de la Guyane, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A, ressortissante haïtienne, qui demandait qu'il soit enjoint au préfet de lui délivrer un rendez-vous sous trois jours pour enregistrer sa demande d'asile. Le juge a estimé que la demande faisait obstacle à l'exécution d'une décision administrative, dès lors que le préfet avait déjà fixé un rendez-vous au 20 novembre 2026. En conséquence, la condition de l'article L. 521-3 n'étant pas remplie, la requête a été rejetée comme manifestement mal fondée en application de l'article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 30 mai 2025, Mme B A, représentée par Me Marciguey, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet de la Guyane de lui délivrer un rendez-vous en préfecture, dans un délai de trois jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, afin qu'elle puisse enregistrer sa demande d'asile, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Guyane de lui délivrer une attestation de demande d'asile dans un délai de trois jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors que la fixation de son rendez-vous en préfecture au 20 novembre 2026 l'expose à une mesure d'éloignement et la place dans une situation précaire ;

- la mesure sollicitée est utile dès lors qu'elle a pour objet l'enregistrement de sa demande d'asile dans un délai raisonnable ;

- la mesure sollicitée ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ;

- sa demande ne se heurte à aucune contestation sérieuse.

Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 15 avril 2025.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

2. Par la présente requête, Mme A, ressortissante haïtienne née en 1999, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de la Guyane de lui délivrer un rendez-vous en préfecture afin qu'elle puisse déposer sa demande d'asile.

3. Il résulte de l'instruction que par une attestation en date du 29 janvier 2025, le préfet de la Guyane a invité Mme A à se présenter en préfecture le 20 novembre 2026 afin qu'elle puisse enregistrer sa demande d'asile. Dès lors, la demande de Mme A tendant à ce que le préfet de la Guyane lui délivre un rendez-vous en préfecture, dans un délai de trois jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir afin qu'elle puisse enregistrer sa demande d'asile, fait obstacle à l'exécution d'une décision administrative au sens de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée en toutes ses conclusions par application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.

Copie pour information sera adressée au préfet de la Guyane.

Rendue publique par mise à disposition au greffe 3 juin 2025.

Le juge des référés,

Signé

O. GUISERIX

La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière en Cheffe,

Ou par délégation la greffière,

Signé

S. PROSPER

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