LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA106-2500815

Tribunal Administratif de la Guyane — Décision N° TA106-2500815

vendredi 27 juin 2025

JuridictionTribunal Administratif de la Guyane
SectionTribunal Administratif de la Guyane
N° DossierTA106-2500815
TypeDécision
Avocat requérantRIVIERE

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de la Guyane, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a suspendu l'exécution de l'arrêté du 27 mai 2025 par lequel le préfet de la Guyane avait obligé M. B à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de dix ans. Le juge a estimé que la condition d'urgence était remplie en raison de l'éloignement imminent du requérant et qu'il existait un doute sérieux sur la légalité de la décision, notamment au regard de l'absence d'examen réel de la situation personnelle et familiale de l'intéressé, entré en France à l'âge de sept ans et y ayant tissé des attaches familiales et scolaires. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que sur la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 7 juin 2025, M. A C B, représenté par Me Rivière, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) de suspendre en toutes ses dispositions l'arrêté du 27 mai 2025 portant obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire avec interdiction de retour sur le territoire pour une durée de dix ans ;

3°) d'enjoindre, à titre principal, au préfet de la Guyane de lui délivrer un titre de séjour ;

4°) d'enjoindre, à titre subsidiaire, au préfet de la Guyane de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour durant cet examen ;

5°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'il fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire exécutoire d'office sans possibilité de recours suspensif et qu'un éloignement à destination de Georgetown est annoncé le 2 juillet 2025 ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision :

* le signataire de l'arrêté litigieux ne justifie pas de sa compétence ;

* la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'un vice de procédure résultant de l'absence de mise en œuvre d'une procédure contradictoire le privant de son droit d'être entendu et de faire des observations ;

* elle est entachée d'un défaut d'examen et d'une insuffisance de motivation ;

* elle est également entachée d'une erreur de fait dès lors qu'il est fait mention de son " célibat sans enfant ", alors qu'il a une fille née en 2022 après son incarcération et n'a pu la reconnaître ;

* enfin, elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que le préfet se borne à indiquer qu'il est " entré irrégulièrement sur le territoire français " et qu'il n'a " jamais obtenu un titre de séjour " sans procéder à un réel examen de sa situation personnelle et familiale sur le territoire, alors qu'il est entré en Guyane à l'âge de sept ans accompagné de sa mère, titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle, chez qui il réside, qu'il a accompli toute sa scolarité en Guyane, que ses frères et sœurs sont de nationalité française, que sa compagne avec laquelle il réside chez sa mère est en situation régulière sur le territoire et qu'ils ont une fille née à Cayenne et enfin qu'il a fait un stage en mécanique et a débuté une formation en tant que magasinier ;

* la décision portant refus de départ volontaire est entachée d'un défaut de motivation ;

* elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il dispose de garanties de représentation suffisantes puisqu'il a une adresse fixe chez sa mère à Cayenne où il résidait depuis des années avec sa compagne, qu'aucun élément ne vient étayer le potentiel risque de fuite qu'il représenterait et que le préfet ne prend nullement en compte sa présence sur le territoire depuis l'âge de sept ans, de la présence de l'ensemble de sa famille, de son adresse stable et ses sérieuses garanties de représentation ;

* la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est entachée d'un défaut de motivation sur tous les critères ;

* elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense enregistré le 26 juin 2025, le préfet de la Guyane conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés dans la requête n'est fondé.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 7 juin 2025 sous le numéro 2500814 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Pauillac, greffière d'audience, M. Guiserix a lu son rapport et entendu :

- les observations de Me Rivière et celles du requérant ;

- le préfet n'étant ni présent ni représenté.

La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".

2. M. B, ressortissant guyanien né en 1997, est, d'après ses déclarations, entré sur le territoire à l'âge de sept ans. Le 8 juillet 2022, l'intéressé a été condamné à une peine d'emprisonnement de quatre ans assortie d'une peine complémentaire d'interdiction de détenir ou de porter une arme pendant cinq ans pour des faits de vol avec violence ayant entraîné une incapacité totale de travail n'excédant pas huit jours, vol avec violence ayant entraîné une incapacité totale de travail n'excédant pas huit jours aggravé par une autre circonstance, violence aggravée par deux circonstances suivies d'incapacité supérieure à huit jours, tentative de vol avec violence ayant entraîné une incapacité totale de travail n'excédant pas huit jours aggravée par une autre circonstance et violence commise en réunion suivie d'incapacité n'excédant pas huit jours. A sa levée d'écrou, le 3 juin 2025, les services de police lui ont notifié un arrêté du préfet de la Guyane du 27 avril 2025 portant obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire avec interdiction de retour sur le territoire pour une durée de dix ans. Par la présente requête, M. B demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de cet arrêté.

3. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ". Eu égard à la nature de la requête, sur laquelle il doit être statué en urgence, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

4. Pour faire échec à la mesure d'éloignement dont il fait l'objet, M. B soutient que l'arrêté est entaché d'une erreur de fait dès lors qu'il a une fille née alors qu'il était incarcéré. Toutefois, et d'une part, le requérant qui se borne à soutenir que ses démarches pour reconnaître sa fille n'ont pu aboutir n'apporte aucune pièce justifiant des démarches entreprises en ce sens tant durant son incarcération que depuis sa sortie du centre de rétention administrative. D'autre part, s'il soutient participer à l'entretien de sa famille en procédant à des virements mensuels tout au long de son incarcération, il ne produit à l'instance que deux virements exécutés les deux derniers mois avant sa sortie de prison le 3 juin 2025, alors que sa fille est née en juin 2022. Par suite, le moyen tiré d'une erreur de fait quant à sa qualité de père n'est pas propre, en l'état de l'instruction, à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté l'obligeant à quitter le territoire français.

5. Par ailleurs, il résulte de l'instruction que M. B, qui ne justifie pas participer à l'entretien de sa fille, n'établit pas avoir obtenu une promesse d'embauche à sa sortie de prison. Dès lors, compte tenu des faits qui lui sont reprochés pour lesquels il a été condamné à une peine d'emprisonnement de quatre ans assortie d'une peine complémentaire d'interdiction de détenir ou de porter une arme pendant cinq ans, le moyen tiré d'une erreur manifeste d'appréciation quant à sa vie privée et familiale n'est pas, en l'état de l'instruction, de nature à créer un doute sur la légalité de l'arrêté attaqué.

6. Aucun des moyens invoqués par M. B dans la requête n'est, en l'état de l'instruction, de nature à créer un doute quant à la légalité de l'arrêté attaqué.

7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles à fin d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D B et au préfet de la Guyane.

Rendue publique par mise à disposition au greffe le 27 juin 2025.

Le juge des référés,

Signé

O. GUISERIX

La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Ou par délégation le greffier,

Signé

C. PAUILLAC

← Retour aux décisions