lundi 30 juin 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2500821 |
| Type | Décision |
| Avocat requérant | SCP CHONG-SIT ET DOUTRELONG |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 juin 2025, M. D A représenté par Me Doutrelong demande, au juge des référés statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté du 4 décembre 2024 par lequel le recteur de la Guyane l'a admis à la retraite par limite d'âge à compter du 26 mars 2026, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux formé le 7 février 2025 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. A soutient que :
- l'urgence est caractérisée dès lors que sa cessation effective d'activité interviendra le 26 mars 2026 le privant de la possibilité de bénéficier d'une retraite à taux plein et que cette décision est difficilement réversible ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée dès lors qu'elle est entachée d'un défaut de motivation.
Par un mémoire en défense enregistré le 25 juin 2025, le recteur de la Guyane conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- l'urgence n'est pas établie ;
- aucun des moyens n'est fondé.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 10 juin 2025 sous le numéro 2500820 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Pauillac, greffière d'audience, M. C a lu son rapport et entendu M. A et M. B pour le recteur de la Guyane.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".
2. La condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'une mesure de suspension de l'exécution d'un acte administratif doit être regardée comme remplie lorsque l'exécution de la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Une mesure prise à l'égard d'un agent public ayant pour effet de le priver de la totalité de sa rémunération doit, en principe, être regardée, dès lors que la durée de cette privation excède un mois, comme portant une atteinte grave et immédiate à la situation de cet agent, de sorte que la condition d'urgence doit être regardée comme remplie, sauf dans le cas où son employeur justifie de circonstances particulières tenant aux ressources de l'agent, aux nécessités du service ou à un autre intérêt public, qu'il appartient au juge des référés de prendre en considération en procédant à une appréciation globale des circonstances de l'espèce.
3. M. A, né le 25 mars 1958, conseiller principal d'éducation au collège polyvalent Léopold Elfort à Mana, sollicite la suspension de la décision par laquelle le recteur de l'académie de Guyane a refusé de faire droit à sa demande de prolongation d'activité au-delà de la limite d'âge de 67 ans jusqu'à 70 ans, et soutient que, dès lors que la décision contestée a une incidence sur sa situation matérielle, à savoir de le priver du bénéfice d'une retraite à taux plein, l'urgence est caractérisée. Toutefois, le recteur de Guyane, en assortissant sa décision de refus de poursuite d'activité de M. A jusqu'à 70 ans, l'autorise à poursuivre son activité jusqu'au 25 mars 2026 en raison de son enfant à charge, n'a actuellement aucune incidence sur sa situation matérielle.
4. Dès lors, en considération de cette circonstance particulière, l'urgence à suspendre la décision attaquée n'est pas caractérisée, et sans qu'il soit nécessaire de statuer sur le doute sérieux de la légalité de la décision attaquée, la requête de M. A doit être rejetée dans l'ensemble de ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D A et au recteur de la Guyane.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 juin 2025
Le juge des référés,
Signé
O. C
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation le greffier,
Signé
C. PAUILLAC