vendredi 4 juillet 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2500888 |
| Type | Décision |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 juin 2025, M. A C B demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner au préfet de la Guyane sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir de lui délivrer une convocation dans un délai de quinze jours afin qu'il puisse déposer sa demande de titre de séjour ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 700 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'il est entré sur le territoire en 2007, qu'il vit en concubinage avec une compatriote en situation régulière avec laquelle il a six enfants dont cinq sont nés à Cayenne et scolarisés sur le territoire ;
- la mesure sollicitée est utile dès lors qu'il a tenté de prendre un rendez-vous par voie dématérialisée sur la plateforme internet correspondante, laquelle est saturée et qu'il a adressé, par courrier postal, une demande de rendez-vous demeurée sans réponse ;
- elle ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.
La requête a été communiquée au préfet de la Guyane le 17 juin 2025 qui n'a pas produit d'observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ".
2. Par la présente requête, M. B , ressortissant haïtien né en 1977, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de la Guyane de lui délivrer un rendez-vous en préfecture afin qu'il puisse déposer sa première demande de titre de séjour.
3. En l'espèce, pour solliciter une injonction à ce que le préfet lui délivre un rendez-vous en vue de déposer son dossier d'admission au séjour, M. B se prévaut de l'ancienneté sa présence sur le territoire, être en concubinage avec une compatriote en situation régulière avec laquelle il a six enfants dont cinq sont nés à Cayenne et scolarisés en Guyane, ainsi que du fait qu'il a envoyé un courrier recommandé au préfet de la Guyane dont il a accusé réception le 27 janvier 2017, ainsi qu'un courrier de relance le 21 mars 2025 et un courriel du 23 mars 2025. Toutefois, le requérant qui se borne à produire l'accusé de réception d'un courrier de 2017 non joint à la requête ne permettant pas d'établir la demande de rendez-vous, ainsi qu'un courrier simple du 21 mars 2025 et un courriel du 23 mars 2025 ne justifie pas de l'utilité de la mesure tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet de la Guyane de lui fixer un rendez-vous sans que l'ordre d'examen des demandes d'autres ressortissants étrangers en fonction de leur date de dépôt soit respecté. Par suite, la condition d'utilité requise par les dispositions précitées de l'article L. 521-3 du code de justice administrative ne peut, en l'état de l'instruction, être regardée comme remplie.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C B et au préfet de la Guyane.
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 4 juillet 2025.
Le juge des référés,
Signé
O. GUISERIX
La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation le greffier,
Signé
C. PAUILLAC