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AccueilJurisprudence administrativeN° TA106-2500915

Tribunal Administratif de la Guyane — Décision N° TA106-2500915

jeudi 10 juillet 2025

JuridictionTribunal Administratif de la Guyane
SectionTribunal Administratif de la Guyane
N° DossierTA106-2500915
TypeDécision
Avocat requérantSELARL JEREMY STANISLAS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de la Guyane, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du préfet de la Guyane refusant le renouvellement du titre de séjour de M. B, ressortissant surinamien. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, notamment en raison d’une condamnation pénale pour trafic de stupéfiants, et que le requérant ne pouvait bénéficier de la présomption d’urgence attachée au refus de renouvellement d’un titre de séjour. La requête a été rejetée dans son intégralité, y compris les conclusions à fin d’injonction et celles relatives aux frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des pièces complémentaires enregistrées le 18 juin 2025 et le

9 juillet 2025, M. A B représenté par Me Stanislas demande au juge des référés statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté du 28 avril 2025 par lequel le préfet de la Guyane a refusé le renouvellement de son titre de séjour ;

2°) à titre principal, d'enjoindre au préfet de la Guyane de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail jusqu'à ce qu'il soit statué au fond, dans un délai de dix jours à compter de la décision à intervenir ;

3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet de la Guyane de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et de lui délivrer durant cet examen et jusqu'à la prise d'une nouvelle décision, une autorisation provisoire de séjour, dans un délai de dix jours à compter de la décision à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'urgence est caractérisée dès lors que la décision litigieuse l'empêche d'exercer un emploi et l'expose à une mesure d'éloignement alors qu'il est père de trois enfants de nationalité française ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

* elle est entachée d'incompétence ;

* elle est entachée d'un défaut de motivation ;

* elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire enregistré le 9 juillet 2025, le préfet de la Guyane conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que l'urgence n'est pas présumée et qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 18 juin 2025 sous le n° 2500914 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Rolin, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Delmestre Galpe, greffière d'audience, Mme Rolin a lu son rapport et entendu les observations de Me Stanislas, pour le requérant, le préfet n'étant ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Il résulte du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative que lorsque, comme en l'espèce, une décision administrative fait l'objet d'une requête en annulation, le juge des référés, saisi en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. M. B, ressortissant surinamien né le 13 novembre 1993, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond, de l'arrêté du 28 avril 2025 par lequel le préfet de la Guyane a refusé de renouveler son titre de séjour.

2. Pour justifier de l'urgence à suspendre la décision litigieuse, M. B soutient qu'il est entré sur le territoire français en 2015 à l'âge de 22 ans et qu'il a reçu plusieurs récépissés de carte de séjour dont le dernier valable du 31 mars 2025 au 30 juin 2025 et un premier titre de séjour " vie privée et familiale " valable du 9 juin 2023 au 8 juin 2024, l'autorisant à travailler. Il souligne qu'il doit bénéficier de la présomption d'urgence dès lors qu'il vit en concubinage avec une ressortissante de nationalité française avec laquelle il a eu trois enfants qui sont de nationalité française. En outre, il fait valoir la situation de précarité administrative et financière dans laquelle il va se trouver dès lors que son contrat de travail a été rompu en raison de l'absence de titre de séjour. Toutefois, d'une part, il est constant que M. B a sollicité un changement de statut en qualité de parent d'enfant français et ne peut donc bénéficier de la présomption attachée à une décision de refus de renouvellement de titre de séjour. D'autre part, et ainsi que le relève le préfet de la Guyane en défense, il est constant que M. B a fait l'objet d'une condamnation le 21 février 2023 par le tribunal correctionnel de Cayenne à une peine de trois ans d'emprisonnement pour des infractions liées au trafic de stupéfiants. Dans ces conditions, la condition d'urgence énoncée à l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie.

3. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, que la requête de M. B ne peut qu'être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles à fin d'injonction et celles présentées au titre de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au préfet de la Guyane.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 juillet 2025.

La juge des référés,

Signé

E. ROLIN

La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

Le Greffier en Chef,

Ou par délégation le greffier,

Signé

R. DELMESTRE GALPE

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