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AccueilJurisprudence administrativeN° TA106-2500968

Tribunal Administratif de la Guyane — Décision N° TA106-2500968

lundi 30 juin 2025

JuridictionTribunal Administratif de la Guyane
SectionTribunal Administratif de la Guyane
N° DossierTA106-2500968
TypeOrdonnance
Avocat requérantMACAREZ

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de la Guyane, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, rejette la demande de suspension de la décision implicite du préfet refusant d'enregistrer la demande de titre de séjour de M. A. Le juge estime que la condition d'urgence n'est pas établie, faute pour le requérant de démontrer qu'il est dans l'impossibilité d'ouvrir un compte bancaire pour percevoir sa rente d'accident du travail. En conséquence, l'ensemble des conclusions de la requête, y compris les demandes d'injonction et de frais de justice, sont rejetées.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 24 juin 2025, M. B A représenté par Me Macarez demande, au juge des référés statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision par laquelle le préfet de la Guyane a implicitement refusé d'enregistrer sa demande de titre de séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Guyane de procéder à l'enregistrement de sa demande de titre de séjour et de lui délivrer une autorisation de séjour l'autorisant à travailler, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. A soutient que :

- l'urgence est caractérisée dès lors qu'en l'absence de justificatif de séjour, il ne peut ouvrir un compte bancaire et ainsi bénéficier de la rente d'accident du travail dont il est titulaire ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

* elle est entachée d'incompétence ;

* elle est entachée d'un défaut de motivation et d'un défaut d'examen particulier de la situation de l'intéressé ;

* sa demande présentait un caractère complet dès lors qu'il a produit toutes les pièces demandées ;

* il est admissible de plein droit à la délivrance d'une carte de séjour " vie privée et familiale " ;

* la décision litigieuse méconnaît les principes d'égal accès au service public et de continuité du service public ;

* elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'erreur d'appréciation ;

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 23 juin 2025 sous le numéro 2500955 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.

3. Pour justifier de l'urgence à suspendre la décision par laquelle le préfet de la Guyane a implicitement refusé d'enregistrer sa demande de titre de séjour, M. A soutient qu'en l'absence de justificatif de séjour régulier sur le territoire, il ne peut ouvrir un compte bancaire et ainsi obtenir le versement de la rente d'accident du travail dont il est titulaire. Si M. A justifie être effectivement titulaire d'une rente suite à un accident du travail intervenu le 23 septembre 2023, il ne résulte toutefois d'aucune pièce du dossier que le requérant serait dans l'impossibilité d'ouvrir un compte bancaire et partant, d'obtenir le versement de ladite rente d'accident du travail. Il suit de là que la condition d'urgence ne peut être regardée comme établie.

4. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'existence d'un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée, que la requête de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles à fin d'injonction et celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au préfet de la Guyane.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 juin 2025.

Le juge des référés,

Signé

O. GUISERIX

La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Ou par délégation le greffier,

Signé

C. PAUILLAC

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