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AccueilJurisprudence administrativeN° TA107-2206292

Tribunal Administratif de Mayotte — Décision N° TA107-2206292

vendredi 24 février 2023

JuridictionTribunal Administratif de Mayotte
SectionTribunal Administratif de Mayotte
N° DossierTA107-2206292
TypeDécision
PublicationC
Avocat requérantGHAEM

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 16 décembre 2022, M. B A, représenté par Me Ghaem, avocate, demande au juge des référés, sur le fondement des articles L. 521-2, L. 911-4 et L. 911-7 du code de justice administrative :

1°) de constater l'inexécution de l'ordonnance n° 2200103 du 18 janvier 2022 en tant que l'Etat a été condamné à lui verser la somme de 4 600 euros au titre de la liquidation de l'astreinte fixée par l'ordonnance n° 2104930 du 21 décembre 2021 ;

2°) en conséquence, de condamner à nouveau l'Etat au versement de cette somme, assortie des intérêts moratoires et d'une nouvelle astreinte fixée à 500 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. A soutient que :

- l'administration s'obstine à refuser, sans motif valable, le paiement de la somme de 4 600 euros due en vertu de la condamnation prononcée au titre de la liquidation de l'astreinte ;

- le juge de l'exécution se doit de faire à nouveau usage des pouvoirs qu'il tient des articles R. 921-5 et suivants du code de justice administrative.

La procédure a été communiquée au préfet de Mayotte qui n'a pas défendu.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu les ordonnances de référé n° 2104930 et n° 2200103 des 21 décembre 2021 et 18 janvier 2022.

Vu la décision du président du tribunal désignant M. Aebischer, vice-président, en qualité de juge des référés.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience publique qui a eu lieu le 16 février 2023 à 14 heures, le juge des référés siégeant au tribunal administratif de La Réunion dans les conditions prévues à l'article L. 781-1 du code de justice administrative, Mme C étant greffière d'audience au tribunal administratif de Mayotte.

Il a été constaté l'absence des parties lors de l'audience publique du 16 février 2023.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public () aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. () ".

2. Aux termes de l'article de l'article L. 911-4 du même code : " En cas d'inexécution d'un jugement () la partie intéressée peut demander au tribunal administratif () qui a rendu la décision d'en assurer l'exécution. / () Si le jugement () dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte () ". Aux termes de l'article L. 911-7 : " En cas d'inexécution totale ou partielle ou d'exécution tardive, la juridiction procède à la liquidation de l'astreinte qu'elle avait prononcée. / () Elle peut modérer ou supprimer l'astreinte provisoire, même en cas d'inexécution constatée ".

3. Par l'ordonnance n° 2200103 du 18 janvier 2022, le juge du référé-liberté, saisi en tant que juge de l'exécution, a constaté l'inexécution de l'ordonnance n° 2104930 du 21 décembre 2021 enjoignant au préfet de Mayotte, sous astreinte, d'organiser le retour à Mayotte de M. A, Il a en conséquence réitéré l'injonction et condamné l'Etat à verser à l'intéressé une somme de 4 600 euros au titre d'une première liquidation de l'astreinte. Par la présente requête, M. A, qui a pu regagner Mayotte et dispose à présent d'un titre de séjour, demande au juge d'agir auprès de l'administration pour que soit enfin payée, avec intérêts moratoires, la somme de 4 600 euros dont il est créancier en vertu de l'ordonnance du 18 janvier 2022.

4. Cependant, l'article L. 911-9 du code de justice administrative, qui reprend les termes de l'article 1er de la loi n° 80-539 du 16 juillet 1980, dispose : " I. Lorsqu'une décision juridictionnelle passée en force de chose jugée a condamné l'Etat au paiement d'une somme d'argent dont le montant est fixé par la décision elle-même, cette somme doit être ordonnancée dans un délai de deux mois à compter de la décision de justice. / () A défaut d'ordonnancement dans les délais mentionnés aux alinéas ci-dessus, le comptable assignataire de la dépense doit, à la demande du créancier et sur présentation de la décision de justice, procéder au paiement. () ".

5. En l'espèce, M. A ne justifie pas, ni même n'allègue, avoir effectué les diligences nécessaires auprès du comptable public pour que celui-ci procède, nonobstant la carence de l'ordonnateur, au paiement de la somme dont il est créancier vis-à-vis de l'Etat en vertu de l'ordonnance du 18 janvier 2022 prononçant une condamnation pécuniaire en sa faveur. Dès lors, sa requête est prématurée et doit être rejetée comme irrecevable.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au préfet de Mayotte.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.

Fait à Mamoudzou, le 24 février 2023.

Le juge des référés,

M.-A. AEBISCHER

La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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