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AccueilJurisprudence administrativeN° TA107-2206320

Tribunal Administratif de Mayotte — Décision N° TA107-2206320

jeudi 22 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Mayotte
SectionTribunal Administratif de Mayotte
N° DossierTA107-2206320
TypeOrdonnance
PublicationC
Avocat requérantAHAMADA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 21 décembre 2022, M. A B, représenté par Me Ahamada, demande au juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté du 21 juin 2022 portant retrait de ses délégations pris par le maire de Tsingoni, ,jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de ces décisions ;

2°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la délibération n° 000744 du 17 novembre 2022 portant cessation de ses fonctions de premier adjoint au maire prise par le conseil municipal Tsingoni, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de ces décisions ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Tsingoni une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

* En ce qui concerne l'urgence :

- le retrait de délégations de fonction constitue une entrave à la bonne administration de l'activité communale dans la mesure où il n'évoque que " l'aménagement " et laisse sous silence le sort des 4 autres attributions confiées à M. A B, à savoir " Voiries et réseaux, eau et assainissement, constructions neuves et environnement ". Le silence quant à leur sort est source de confusions, de menaces à la réalisation de projets communaux en cours dans ces matières, d'autant plus que la délibération litigieuse fait mention dans l'un de ses visas d'une attribution qu'i n'a mais été au nombre des siennes, " le développement durable ".

- le retrait des délégations du requérant crée une carence dans la gestion des attributions en cause, en méconnaissance des intérêts de la commune et plus globalement de l'intérêt public ;

- le même retrait lui cause ainsi qu'à sa famille de sérieuse difficultés sur le plan économique puisque le retrait de ses délégations emporte la cessation du versement des indemnités liées à ces fonctions ;

- de même les décisions constituent des graves menaces et caractérisent des troubles dans ses conditions d'existence en tant qu'il n'a plus la qualité d'officier de police judiciaire et d'officier d'état civil ;

* il existe un doute sérieux sur la légalité de ces décisions en ce qu'elles sont entachées d'un vice de forme et d'un vice de procédure ; elles sont entachés d'une erreur manifeste d'appréciation pour n'être fondées sur aucun motif légitime.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête n° 2206187 enregistrée le 12 décembre 2022 par laquelle l'annulation des décisions susvisées est demandée ;

- l'ordonnance du 13 décembre 2022, n° 2206188 ;

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Par arrêté du 21 juin 2022, le maire de Tsingoni a procédé à l'abrogation de l'ensemble des délégations qu'il avait consenties à son 1er adjoint, M. A B, par arrêté du 26 avril 2021. Le 17 novembre 2022, le conseil municipal s'est, en application du dernier alinéa de l'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales, prononcé pour le non-maintien dans ses fonctions d'adjoint au maire de M. B. Dans le cadre de la présente instance, M. B demande au juge des référés d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté du 21 juin 2022 et de la délibération du 17 novembre 2022.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, () qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

3. Il résulte des dispositions précitées de l'article L. 521-1 du code de justice administrative que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

4. En premier lieu, le requérant soutient que le retrait de ses délégations de fonctions constitue une entrave à la bonne administration de l'activité communale dans la mesure où il n'évoque que " l'aménagement " et laisse sous silence le sort des 4 autres attributions confiées à M. A B, à savoir " Voiries et réseaux, eau et assainissement, constructions neuves et environnement ". Il ajoute que le silence quant à leur sort est source de confusions, de menaces à la réalisation de projets communaux en cours dans ces matières, et ce, d'autant plus que la délibération litigieuse fait mention dans l'un de ses visas d'une attribution qui n'a mais été au nombre des siennes, " le développement durable ". Toutefois, il ressort des termes mêmes de l'article litigieux du 21 juin 2022 que celui-ci prononce l'abrogation intégral de l'arrêté de délégation du 26 avril 2021. Par suite, contrairement à ce que soutient le requérant, il n'existe aucune incertitude quant aux effets de l'arrêté litigieux.

5. En deuxième lieu, le requérant fait valoir que l'abrogation de ses délégations crée une carence dans la gestion des attributions en cause, en méconnaissance des intérêts de la commune et plus globalement de l'intérêt public. Toutefois, à la suite de cette abrogation, le maire reste compétent pour prendre les décisions relevant du périmètre des attributions auparavant délégués au requérant. Dans ces conditions, l'exercice de ces attributions ne souffrent d'aucune carence à la suite des décisions litigieuses.

6. En troisième et dernier lieu, M. B soutient que le retrait de ses délégations de fonction lui cause ainsi qu'à sa famille des sérieuses difficultés sur le plan économique, que les décisions emportent la cessation de son indemnité de fonctions et que les mêmes décisions litigieuses constituent des graves menaces et caractérisent des troubles dans les conditions d'existence pour lui et sa famille en tant qu'il n'a plus la qualité d'officier de police judiciaire et d'officier d'état civil. Toutefois, ces circonstances ne sont pas de nature à caractériser la condition d'urgence pour les motifs déjà exposés dans l'ordonnance du 13 décembre 2022, n° 2206188, par laquelle le président du tribunal a rejeté une précédente requête tendant à la suspension des effets mêmes décisions que les décisions litigieuses dans le cadre de la présente instance.

7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée selon la procédure prévue par l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1erer : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Fait à Mamoudzou, le 22 décembre 2022.

Le président du tribunal administratif

juge des référés,

F. SAUVAGEOT

La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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