LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsNos servicesBlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes. C'est gratuit, et vos coordonnées ne sont transmises qu'avec votre accord.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation entre particuliers et avocats. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Nos services
  • Trouver un avocat
  • Calculateurs juridiques
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Nos services
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA107-2300431

Tribunal Administratif de Mayotte — Décision N° TA107-2300431

jeudi 16 février 2023

JuridictionTribunal Administratif de Mayotte
SectionTribunal Administratif de Mayotte
N° DossierTA107-2300431
TypeDécision
Avocat requérantCENTAURE AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire en communication de pièces enregistrés le 26 janvier 2023 et le 1er février 2023, M. B A, représentée par Me Hesler, avocat, demande au juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté préfectoral n° 2022-9764021669 du 9 novembre 2022 par lequel le préfet de Mayotte a refusé le renouvellement de son titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire sans délai et a fixé le pays de destination ;

2°) dire qu'il ne pourra faire l'objet d'aucune mesure d'éloignement ;

3°) d'enjoindre au préfet de Mayotte de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler en l'attente de la décision au fond ;

4°) dire que l'ordonnance sera exécutoire dans les conditions prévues par l'article

R. 751-1 du code de justice administrative ;

5°) de mettre à la charger de l'Etat une somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. A soutient que :

- l'urgence est justifiée par le fait qu'il réside à Mayotte depuis l'âge de 7 ans, et qu'il est parfaitement intégré dans la société française ; cette décision, qui ne lui permettrait plus de vivre avec sa famille qui est en situation régulière ou de nationalité française porte une atteinte grave et immédiate à ses intérêts ;

- l'arrêté attaqué qui lui refuse le droit au séjour est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et d'une erreur de droit ;

- sa présence ne représente nullement une menace grave pour l'ordre public ;

- la décision attaquée contrevient aux stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense enregistré le 8 février 2023, le préfet de Mayotte représenté par la SELARL Centaure avocats, conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- le requérant ne justifie pas de l'urgence requise ;

- les moyens invoqués ne sont pas propres, en l'état de l'instruction, à faire naître un doute quant à la légalité de l'arrêté litigieux.

Vu :

-les pièces du dossier ;

-la requête au fond enregistrée sous le n° 2300430 par laquelle

M. A demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale des droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience publique qui a eu lieu le 8 février 2023 à 9 heures 00, en présence de Mme Madhoine, greffière d'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Cornevaux, juge des référés ;

- les observations de Me Hesler pour le requérant ;

- le préfet n'étant pas présent, ni représenté.

Après avoir prononcé, à l'issue de l'audience, la clôture de l'instruction.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant comorien, né le 22 décembre 1978, demande par la présente requête la suspension de l'exécution d'un arrêté n° 2022-9764021669 du 9 novembre 2022 par lequel le préfet a refusé de lui octroyer un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français sans délai.

Sur les conclusions aux fins de suspension :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

En ce qui concerne l'urgence :

3. La condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision administrative contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Qu'il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si ses effets sur la situation de ce dernier ou, le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendu. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.

4. Il résulte de l'instruction que M. A, qui est arrivé à Mayotte en 2012 est père de quatre enfants français et qu'il vit maritalement avec une ressortissante titulaire d'un titre de séjour. Le requérant a lui-même obtenu à plusieurs reprises un titre de séjour l'autorisant à travailler dont le dernier était valable jusqu'à fin décembre 2022. Le refus d'octroi d'un titre de séjour avec obligation de quitter le territoire français sans délai place M. A en situation irrégulière, et compte tenu de sa situation familiale, il doit être regardé comme établissant la condition d'urgence exigée par les dispositions précitées de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.

En ce qui concerne le doute sérieux sur la légalité des décisions litigieuses :

5. M. A, soutient qu'il réside sur le territoire de Mayotte depuis 2012 et qu'il a été titulaire de plusieurs titres de séjour. Il fait aussi valoir qu'outre qu'il est entouré à Mayotte de toute sa famille notamment sa conjointe qui est en possession d'un titre de séjour et de ses quatre enfants qui sont de nationalité française. Il résulte de l'instruction, et par les pièces produites, que M. A justifie bien d'une présence continue sur le territoire depuis l'année 2012, qu'il a bien été régulièrement autorisé à séjourner sur le territoire avec une autorisation de travailler, que ses enfants possèdent la nationalité française avec lesquels il entretient des liens réguliers et stables, et notamment qu'il participe à leur éducation et à leur entretien.

6. Aux termes de l'article L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La circonstance que la présence d'un étranger en France constitue une menace pour l'ordre public fait obstacle à la délivrance et au renouvellement de la carte de séjour temporaire, de la carte de séjour pluriannuelle () ". Aux termes de l'article L. 432-1 du même code : " La délivrance d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident peut, par une décision motivée, être refusée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public ".

7. Pour refuser le renouvellement du titre de séjour de M. A, le préfet de Mayotte s'est notamment fondé sur le motif que l'intéressé serait défavorablement connu des services de police suites aux mentions inscrites au fichier de traitement des antécédents judiciaires pour des faits de menaces commis le 27 janvier 2021, de violence suivie d'incapacité n'excédant pas 8 jours par une personne étant ou ayant été conjoint commis le 27 janvier 2021 qui aurait conduit à une condamnation à 6 mois d'emprisonnement avec sursis prononcée par le tribunal correctionnel de Mamoudzou le 21 septembre 2021 avec inscription au casier judiciaire. Le requérant fait valoir à l'audience que le préfet, qui s'est abstenu de défendre sur ce sujet et n'a apporté aucun élément concret, par son mémoire en défense sur les infractions imputées à l'intéressé, relève qu'il est difficile de lui attribuer les suites pénales dont fait état le préfet puisque ce dernier ne produit pas les décisions de justice et que ces éléments seraient simplement tirés des fichiers informatisés des services de police. Ainsi, en l'état de l'instruction, le moyen tiré de ce que le motif de la décision attaquée est entaché d'une erreur d'appréciation et de droit quant à la qualification de l'existence d'une menace à l'ordre public et du caractère disproportionné des mesures litigieuses au regard des stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme, sont de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée.

8. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté préfectoral n° 2022-9764021669 du 9 novembre 2022.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

9. La suspension de l'exécution de la décision de refus de séjour du 9 novembre 2022 portant refus de renouvellement de titre de séjour implique seulement que le préfet de Mayotte mette M. A en possession d'une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travailler, le temps de l'examen de sa requête au fond par le tribunal. Il y a lieu d'enjoindre au préfet d'y procéder dans un délai de quinze jours suivant la notification de la présente ordonnance.

Sur les frais liés au litige :

10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de condamner l'Etat à verser à M. A une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés.

ORDONNE :

Article 1er : L'arrêté n° 2022-9764021669 du 9 novembre 2022 à l'encontre de M. A est suspendu jusqu'à ce que le tribunal se prononce au fond sur la légalité de cette décision.

Article 2 : Il est enjoint au préfet de Mayotte de délivrer à M. A, dans un délai de quinze jours suivant la notification de la présente ordonnance, une autorisation provisoire de séjour autorisant l'intéressé à travailler dans l'attente du jugement sur sa requête au fond tendant à l'annulation de la décision attaquée.

Article 3 : L'Etat versera à M. A la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet de Mayotte.

Fait à Mamoudzou, le 16 février 2023.

Le président,

G. CORNEVAUX

La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2300431

← Retour aux décisions