vendredi 24 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Mayotte |
| Section | Tribunal Administratif de Mayotte |
| N° Dossier | TA107-2300599 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Avocat requérant | HESLER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 février 2022 sous le n° 2300599, M. B A, représenté par Me Hesler, avocat, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre la " décision de fin de détachement " prise à son égard le 20 décembre 2022 par le maire de Chirongui ;
2°) d'enjoindre au maire de poursuivre le versement de son traitement ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Chirongui une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. A soutient que :
- il est urgent de lui permettre de conserver son traitement, dont il a besoin pour faire face à ses charges familiales ;
- la décision aurait dû être prise sous la forme d'un arrêté ;
- une procédure contradictoire aurait dû être mise en œuvre ;
- la fin de son détachement ne peut être décidée que par l'autorité de nomination au sein de l'administration d'origine ;
- la décision est dépourvue de motifs et entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- l'article 24 du décret n° 85-986 lui confère un droit au maintien de sa rémunération par l'organisme d'accueil jusqu'à sa réintégration dans l'administration d'origine.
Par un mémoire en défense enregistré le 16 février 2023, la commune de Chirongui représentée par Me Tesoka, avocat, conclut au rejet de la requête.
La commune soutient que :
- l'intéressé bénéficie du maintien de sa rémunération jusqu'à sa réintégration effective dans son administration d'origine ; la condition d'urgence n'est donc pas remplie ;
- il n'invoque aucun moyen propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu la requête enregistrée le 3 février 2022 sous le n° 2300598 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision susmentionnée.
Vu la décision du président du tribunal désignant M. Aebischer, vice-président, en qualité de juge des référés.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le décret n° 85-986 du 16 septembre 1985 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience publique qui a eu lieu le 16 février 2023 à 14 heures, le magistrat constituant la formation de jugement compétente siégeant au tribunal administratif de La Réunion, dans les conditions prévues à l'article L. 781-1 du code de justice administrative, Mme C étant greffière d'audience au tribunal administratif de Mayotte.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Aebischer, juge des référés ;
- les observations de Me Hesler, avocat du requérant.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
2. M. A, technicien supérieur du développement durable, a été détaché auprès de la commune de Chirongui pour une durée de trois ans à compter du 17 septembre 2021. Par une lettre intitulée " décision de fin de détachement " en date du 20 décembre 2022, le maire lui a annoncé la fin de son détachement à compter du 1er février 2023. Par sa requête au fond et le présent référé-suspension, M. A conteste cet acte administratif.
3. Pour alléguer d'une situation d'urgence, M. A invoque sa crainte de ne plus pouvoir faire face à ses charges familiales s'il n'obtient pas la suspension de l'acte litigieux, qui selon lui aurait pour effet de le priver de sa rémunération à brève échéance. Toutefois, il résulte du mémoire en défense de la commune, ainsi que des pièces jointes à ce mémoire, particulièrement l'attestation sur l'honneur établie par le directeur général des services le 15 février 2023, que l'autorité territoriale a en fin de compte admis que, contrairement à ce que laissaient entendre les termes péremptoires de la lettre du 20 décembre 2022, la fin du détachement ne pouvait pas revêtir un caractère effectif avant qu'intervienne une décision de réintégration émanant de l'administration d'origine et que, dans cette attente, M. A bénéficiait du droit au maintien de la rémunération allouée par la commune. Dans ces conditions, il y a lieu de constater que le requérant ne justifie pas d'une atteinte grave et immédiate portée à sa situation. Ainsi, la condition d'urgence n'est pas satisfaite.
4. Il résulte de ce qui précède que, l'une des conditions cumulatives du référé-suspension n'étant pas satisfaite, la requête n° 2300599 de M. A ne peut qu'être rejetée, y compris les conclusions à fin d'injonction et celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à la commune de Chirongui.
Copie en sera adressée au préfet de Mayotte.
Fait à Mamoudzou le 24 février 2023.
Le juge des référés,
M.-A. AEBISCHER
La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.