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AccueilJurisprudence administrativeN° TA107-2300737

Tribunal Administratif de Mayotte — Décision N° TA107-2300737

mercredi 15 février 2023

JuridictionTribunal Administratif de Mayotte
SectionTribunal Administratif de Mayotte
N° DossierTA107-2300737
TypeOrdonnance

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 11 février 2023, Mme B A, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet de Mayotte de lui communiquer, sous astreinte de 500 euros par jour de retard à compter de la notification de la présente ordonnance :

* l'enquête administrative ayant suivi son agression du 21 septembre 2021 ;

* l'avis défavorable envoyé aux services centraux ayant conduit à la fin de son détachement à la préfecture de Mayotte ;

* les éléments ayant conduit à la suspension de ses fonctions le 11 mai 2022 ;

2°) l'autoriser sous astreinte de 500 euros par jour de retard à compter de la notification de la présente ordonnance, en présence de son avocat, à récupérer ses effets personnels laissés dans ses anciens bureaux ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- elle a déposé une requête aux fins de faire annuler la décision implicite de rejet d'octroi de la protection fonctionnelle par la préfecture de Mayotte ;

- elle a subi de la part de sa cheffe de service une bousculade qui a engendré 6 jours d'ITT et qui a conduit à la déclaration d'un accident de travail ;

- le 26 octobre 2021, le secrétaire général de la préfecture lui a signifié la fin de son détachement et a refusé de lui en communiquer les raisons ;

- elle a essuyé plusieurs refus de se voir communiquer son dossier ainsi que l'enquête administrative ;

- la condition tenant à l'urgence est satisfaite, dès lors que les documents sollicités lui seront utiles pour faire valoir ses droits, dans le cadre de son instance contentieuse pendante devant le tribunal, relatives au non renouvellement de son détachement, à la sanction du 11 mai 2022 consistant en une suspension de fonction.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ".

2. Le juge des référés, saisi sur le fondement de ces dispositions, peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures, autres que celles régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du code de justice administrative, notamment sous forme d'injonctions adressées tant à des personnes privées que, le cas échéant, à l'administration, à condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.

3. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2. Il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.

4. En application des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, le juge des référés peut prescrire, notamment, la communication des pièces ou informations mettant à même le demandeur de former un recours. Toutefois, lorsqu'un tel recours a déjà été formé, une demande présentée au juge des référés portant sur la communication de pièces utiles à la solution du litige est dépourvue d'utilité jusqu'à ce qu'il soit statué définitivement sur le litige, après épuisement, le cas échéant, des voies de recours, ordinaires et extraordinaires, dès lors qu'il appartient au juge saisi du litige, à quelque titre que ce soit, de faire usage des pouvoirs généraux d'instruction qui lui sont dévolus pour ordonner, le cas échéant, les communications qui lui paraissent nécessaires à la solution du litige.

5. En premier lieu, Mme A demande au juge des référés, d'enjoindre au préfet de Mayotte de lui communiquer l'enquête administrative ayant suivi l'agression dont elle aurait fait l'objet de la part de sa cheffe de service le 21 septembre 2021. Pour autant, l'intéressée a saisi le secrétaire général de la préfecture par deux fois d'une demande tendant aux mêmes fins, par courriels des 26 octobre 2021 et 18 janvier 2022. En l'absence de réponse de la part de l'administration, à considérer que la seconde demande de l'année 2022 ne soit pas confirmative de la première datant de 2021, la requérante se trouvait en possession d'un rejet implicite puisque la préfecture avait clairement manifesté son refus de se conformer à la communication sollicitée. Dans ces circonstances, la mesure sollicitée fait nécessairement obstacle à l'exécution de la décision portant rejet implicite de cette demande.

6. En second lieu, Mme A demande au juge des référés d'ordonner la communication de l'avis défavorable envoyé aux services centraux ayant conduit à la fin de son détachement à la préfecture de Mayotte et de lui transmettre les éléments ayant conduit à sa suspension de fonction du 11 mai 2022. Outre qu'il ressort des termes mêmes de la notification qui lui a été faite de l'arrêté du 11 mai 2022 portant suspension de fonction, que cette décision a été prise dans l'intérêt du service, il appartiendra toutefois à Mme A de présenter ces demandes de communication dans le cadre de ce recours au fond, auprès du magistrat rapporteur du dossier, qui pourra, s'il l'estime utile pour la solution du litige, faire usage de ses pouvoirs d'instruction en ce sens. Par suite, la demande de communication présentée au juge des référés est dépourvue d'utilité.

7. En dernier lieu, la demande de Mme A tendant à se faire remettre ses effets personnels laissés dans les bureaux de la préfecture, - si tant est que cette demande peut donner lieu à un litige relevant de la compétence du tribunal -, ne présente aucun caractère d'utilité dans la présente instance et ne ressort en tout état de cause d'aucune compétence du présent juge des référés. Les conclusions présentées à ce titre doivent par suite, et sans qu'il soit besoin de statuer sur leur recevabilité, être rejetées.

8. Il résulte de ce qui précède, en l'absence de péril grave, que la requête de Mme A doit être rejetée par application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative en toutes ses conclusions.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.

Copie en sera transmise au préfet de Mayotte.

Fait à Mamoudzou, le 15 février 2023.

Le juge des référés,

G. CORNEVAUX

La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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