jeudi 16 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Mayotte |
| Section | Tribunal Administratif de Mayotte |
| N° Dossier | TA107-2300791 |
| Type | Ordonnance |
| Avocat requérant | IBRAHIM |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 février 2023, la société Ambulance du Centre, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté ARS n° 2023/06 du 9 février 2023 de l'Agence régionale de santé de Mayotte portant suspension temporaire d'agrément pour une durée de trois jours ;
2°) de mettre à la charge de l'ARS la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie eu égard à l'atteinte financière grave qu'elle subirait et aux conséquences sur la pérennité de l'emploi qu'entrainerait l'exécution de la décision ;
- les carences qui lui sont reprochées sont liées à la confusion dans la modification calendrier de service de garde par la publication de deux planning contradictoires ;
- cette décision porte une atteinte grave et manifestement illégale aux libertés fondamentales que sont la liberté d'entreprendre et à la liberté contractuelle.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1. En premier lieu, aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. " Aux termes de l'article L. 522-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. / Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () ". L'article L. 522-3 dispose cependant que : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ". Enfin aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. () ".
2. La condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision administrative contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il en va ainsi, alors même que cette décision n'aurait un objet ou des répercussions que purement financiers et que, en cas d'annulation, ses effets pourraient être effacés par une réparation pécuniaire. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou, le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
3. Pour justifier de l'urgence, la société Ambulance du Centre fait valoir que la décision de l'Agence régionale de santé de Mayotte du 9 février 2023 portant retrait temporaire d'agrément pour une durée de trois jours fait obstacle à l'exercice de son activité et entrainera des conséquences sur la santé financière et sur l'emploi. A cet effet, la société requérante estime sa perte financière à 3 500 euros. Dans ces conditions, au regard de la durée limitée dans le temps de la mesure contestée, elle n'établit pas que l'exécution de la décision susvisée mettrait en péril de façon sérieuse la poursuite de son activité ou entrainerait un préjudice difficilement réparable. Ainsi, en l'absence d'urgence, il y a lieu de rejeter les conclusions aux fins de suspension, selon la procédure prévue par les dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la société Ambulances du Centre est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la SAS Ambulances du Centre.
Copie en sera adressée à l'Agence régionale de Santé de Mayotte.
Fait à Mamoudzou, le 16 février 2023.
Le juge des référés,
G. CORNEVAUX
La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.