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AccueilJurisprudence administrativeN° TA107-2301071

Tribunal Administratif de Mayotte — Décision N° TA107-2301071

jeudi 2 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Mayotte
SectionTribunal Administratif de Mayotte
N° DossierTA107-2301071
TypeOrdonnance
Avocat requérantDUGOUJON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 28 février 2023, Mme B A, représentée par Me Dugoujon, avocat, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet de Mayotte, sous astreinte de 300 euros par jours de retard passé un délai de 7 jours suivant la notification de la présente ordonnance, de régulariser sa situation administrative et financière, notamment de reconstituer sa carrière et de la placer dans une situation statutaire conforme à son statut de fonctionnaire d'Etat, à compter du 1er juillet 2022, date à laquelle elle a été réintégrée au sein des effectifs de la préfecture de Mayotte ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'urgence est caractérisée en raison de sa situation financière à raison de la perte de son traitement ou d'indemnités liées à son congé maladie ; elle a déposé une requête aux fins de faire annuler la décision implicite de rejet d'octroi de la protection fonctionnelle par la préfecture de Mayotte ;

- il appartient à l'administration de la placer dans une position statutaire telle que définie à l'article L. 511-1 du code général de la fonction publique ;

- elle a sollicité à plusieurs reprises le secrétaire général de la préfecture qui n'a pas répondu ;

- elle est dans une position d'attente, sans qu'aucune décision n'ait été prise par l'administration.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ".

2. Saisi sur le fondement de cet article L. 521-3 d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.

3. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2. Il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.

4. En application des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, le juge des référés peut prescrire, notamment, la communication des pièces ou informations mettant à même le demandeur de former un recours. Toutefois, lorsqu'un tel recours a déjà été formé, une demande présentée au juge des référés portant sur la communication de pièces utiles à la solution du litige est dépourvue d'utilité jusqu'à ce qu'il soit statué définitivement sur le litige, après épuisement, le cas échéant, des voies de recours, ordinaires et extraordinaires, dès lors qu'il appartient au juge saisi du litige, à quelque titre que ce soit, de faire usage des pouvoirs généraux d'instruction qui lui sont dévolus pour ordonner, le cas échéant, les communications qui lui paraissent nécessaires à la solution du litige.

5. Mme A demande au juge des référés, à titre principal, d'enjoindre au préfet de Mayotte de régulariser sa situation à la suite de sa réintégration prononcée par un arrêté du ministre de l'intérieur du 7 juillet 2022 et de la placer dans une situation statutaire conforme à son grade. Pour autant, l'intéressée a saisi le secrétaire général de la préfecture par deux fois d'une demande tendant aux mêmes fins que la présente requête, par courriels des 26 octobre 2022 et 13 février 2023. Dans ces conditions, la mesure sollicitée par Mme A dans la présente instance est de nature à faire obstacle à l'exécution de la décision implicite de refus née à la suite de la première demande du 26 octobre 2022, restée sans réponse.

6. Il résulte de ce qui précède, en l'absence de péril grave, que la requête de Mme A doit être rejetée par application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative en toutes ses conclusions.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.

Copie en sera transmise au préfet de Mayotte.

Fait à Mamoudzou, le 2 mars 2023.

Le juge des référés,

G. CORNEVAUX

La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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