LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA107-2301166

Tribunal Administratif de Mayotte — Décision N° TA107-2301166

dimanche 5 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Mayotte
SectionTribunal Administratif de Mayotte
N° DossierTA107-2301166
TypeOrdonnance
Avocat requérantKOURAVY MOUSSA-BE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

A une requête enregistrée le 5 mars 2023, M. B, représenté A Me Kouravy Moussa-Bé, avocat, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté A lequel le préfet de Mayotte lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français et interdiction d'y retourner ;

2°) d'enjoindre, sous astreinte, à l'administration de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que le juge ait statué sur sa demande en annulation de la décision portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français ;

3°) d'enjoindre, sous astreinte, au préfet de Mayotte, en cas d'exécution prématurée de la mesure d'éloignement, d'organiser, à ses frais et A tous moyens, son retour dans un délai de cinq jours suivant la notification de l'ordonnance ;

4°) de condamner l'Etat à verser à Me Kouravy Moussa-Bé la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie du fait de son placement en centre de rétention administrative et de son éloignement imminent ;

- l'arrêté porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale protégé A les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales (CESDHLF), alors qu'il réside de manière ancienne et continue à Mayotte et a noué des attaches familiales stables et intenses, et à l'intérêt supérieur de ses enfants, garanti A les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

-il méconnaît aussi les dispositions de l'article 13 de la CESDHLF et l'article 47 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, dans la mesure où son éloignement le privera du droit de se défendre dans le cadre des deux requêtes qu'il a déposées au tribunal contre l'arrêté du 28 avril 2022 portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Legrand, première conseillère, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, en qualité de juge des référés.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant comorien, né le 1er janvier 1986, demande, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté A lequel le préfet de Mayotte l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et lui a interdit d'y retourner.

2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée A l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". L'article L. 522-3 du même code dispose que : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter A une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

3. Si M. B soutient vivre à Mayotte depuis 2009, il ne démontre pas l'ancienneté ni la continuité de son séjour sur le territoire, en produisant au soutien de sa requête son passeport comorien établi en 2019 et portant une adresse de domicile aux Comores, une attestation d'hébergement à Mamoudzou datée du 19 octobre 2022 sans indication de période de durée, des avis d'imposition sur les revenus de 2018 à 2021, un titre de séjour aux mentions illisibles, un récépissé de demande de titre dont la validité a expiré le 9 avril 2022 et des factures d'achat dans des magasins mahorais toutes datées de 2022. S'il fait état de sa vie maritale depuis 2012 avec une ressortissante comorienne régulièrement autorisée au séjour et mère de ses trois enfants nés à Mayotte en 2018 et 2020, il y a lieu de constater que le titre de séjour de celle-ci est expiré depuis le 13 janvier 2022, que celle-ci atteste de leur communauté de vie non pas depuis 2012 mais depuis leur mariage religieux en 2007 et que cette vie commune n'est pas confirmée A les pièces du dossier et notamment A leurs avis séparés d'imposition sur le revenu mentionnant des adresses distinctes. En outre, le requérant produit les actes de naissance de trois enfants nés aux Comores en août 2009, décembre 2009 et décembre 2013 de trois mères différentes, qui n'accréditent guère ses allégations de vie maritale stable à Mayotte. La circonstance que la mère du requérant ait été régulièrement autorisée au séjour jusqu'au 7 novembre 2022, qu'il ait deux demi-frères de nationalité française et que quatre de ses jeunes enfants soient actuellement scolarisés dans des écoles primaires à Mayotte n'est pas suffisante pour établir la réalité, la stabilité et l'intensité de ses attaches personnelles et familiales à Mayotte. Dans ces conditions, le requérant est manifestement infondé à soutenir que les décisions attaquées portent une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale. Il y a lieu, A suite, alors même que M. B fait valoir qu'il se trouve dans une situation d'urgence, de rejeter sa requête en toutes ses conclusions, A application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B et au préfet de Mayotte.

Copie en sera transmise au ministre de l'intérieur en application des dispositions de l'article R. 751-8 du code de justice administrative.

Fait à Mamoudzou, le 5 mars 2023.

La juge des référés,

I. LEGRAND

La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

← Retour aux décisions