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AccueilJurisprudence administrativeN° TA107-2301658

Tribunal Administratif de Mayotte — Décision N° TA107-2301658

mardi 2 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Mayotte
SectionTribunal Administratif de Mayotte
N° DossierTA107-2301658
TypeDécision
Avocat requérantZOUBERT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 26 mars 2023, Mme E D, représentée par Me Zoubert, avocat, demande au juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de la décision implicite née le 19 janvier 2023 du silence gardé par le préfet de Mayotte suite à sa demande d'autorisation au séjour réceptionnée en préfecture le 19 septembre 2022 ;

2°) d'enjoindre au préfet de Mayotte de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de 15 jours suivant la notification de la décision à intervenir jusqu'au prononcé de la décision du tribunal sur sa décision en annulation, et de réexaminer sa situation personnelle et familiale dans un délai de 20 jours ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1000 euros au titre de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'elle s'expose à une interpellation qui risque de porter atteinte à sa vie privée et familiale ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision implicite portant refus au séjour qui est insuffisamment motivée, entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaît les dispositions des articles L. 423-1 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et qui porte atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale protégé par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté portant obligation de quitter le territoire français en ce que le refus au séjour est lui-même irrégulier, qu'il a été pris en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et qui est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 16 avril 2023, le préfet de Mayotte, représenté par la selarl Centaure, avocats, conclut au non-lieu à statuer puisqu'un rendez-vous est fixé par la préfecture de Mayotte le 20 avril 2023 pour l'enregistrement de sa demande.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 26 mars 2023 sous le numéro 2301657 par laquelle

Mme D demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,

- la convention internationale des droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience publique qui a eu lieu le 17 avril 2023 à 10h30, le magistrat constituant la formation de jugement compétente siégeant au tribunal administratif de La Réunion dans les conditions prévues à l'article L. 781-1 et aux articles R. 781-1 et suivants du code de justice administrative, M. A B étant greffier d'audience au tribunal administratif de Mayotte.

Au cours de l'audience publique, M. C a lu son rapport, les parties n'étant pas présentes, ni représentées.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

1. Mme D, ressortissante malgache, née le 5 novembre 1984, demande par la présente requête la suspension de l'exécution d'une décision implicite du préfet de Mayotte lui refusant la délivrance d'un titre de séjour.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".

3. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressée. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.

4. Le préfet de Mayotte se prévaut dans ses écritures en défense déposées le 16 avril 2023, sur la base d'un courriel de la cheffe du bureau de l'admission au séjour du service des migrations et de l'intégration que la requérante était convoquée le jeudi 20 avril 2023 aux fins d'examen et de dépôt de son dossier de titre de séjour. Cette circonstance révèle l'intention du préfet de Mayotte d'examiner la situation de Mme D au séjour. Dès lors, le présent litige a perdu son objet et il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin de suspension et d'injonction.

5. L'Etat versera à Mme D une somme de 700 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins de suspension de la requête, en tant qu'elles portent sur le refus implicite de délivrer le titre de séjour de Mme D.

Article 2 : L'Etat versera à Mme D la somme de 700 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme E D et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie de la présente ordonnance sera adressée au préfet de Mayotte

Fait à Mamoudzou, le 2 mai 2023.

Le président,

juge des référés,

G. C

La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

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