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AccueilJurisprudence administrativeN° TA107-2301895

Tribunal Administratif de Mayotte — Décision N° TA107-2301895

vendredi 28 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Mayotte
SectionTribunal Administratif de Mayotte
N° DossierTA107-2301895
TypeDécision
Avocat requérantHESLER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 7 avril 2023, Mme D A, représentée par Me Hessler, avocat, demande, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, au juge des référés :

1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté du 10 novembre 2022 par lequel le préfet de Mayotte a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français et a fixé le pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet de Mayotte de lui octroyer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans l'attente du jugement au fond de sa requête ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros au titre de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative ainsi qu'aux dépens.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'elle réside de manière continue à Mayotte depuis 1995 entourée de l'ensemble des membres de sa famille ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué qui méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et qui porte atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale protégé par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme.

Par un mémoire en défense, enregistré le 23 avril 2023, le préfet de Mayotte, représenté par la selarl Centaure, avocats, conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- la requête de Mme A est irrecevable en raison de la tardiveté de son recours au fond ;

- il n'existe aucun doute sérieux sur la légalité de l'arrêté contesté.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 7 avril 2023 sous le numéro 2301894 par laquelle Mme D A demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience publique qui a eu lieu le 24 avril 2023 à 9h30, le magistrat constituant la formation de jugement compétente siégeant au tribunal administratif de La Réunion dans les conditions prévues à l'article L. 781-1 et aux articles R. 781-1 et suivants du code de justice administrative, Mme B étant greffière d'audience au tribunal administratif de Mayotte.

Au cours de l'audience publique, M. C a lu son rapport, les parties n'étant pas présentes, ni représentées.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

1. Par arrêté n° 22-9765022667 du 10 novembre 2022, le préfet de Mayotte a rejeté la demande de titre de séjour présentée par Mme D A, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

3. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. () ". Aux termes des dispositions de l'article R. 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ".

4. Mme D A, ressortissante comorienne née en 1966, demande la suspension de l'exécution de l'arrêté arrêté n° 22-9765022667 du 10 novembre 2022 par lequel le préfet de Mayotte a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Cet arrêté a été présenté le 23 novembre 2022 à l'adresse connue de l'administration comme étant celle du domicile de la requérante et retourné aux services de la préfecture avec la mention " Pli avisé non réclamé ", L'arrêté du 10 novembre 2022, qui comportait une mention des délais et voies de recours, doit, dès lors, être regardé comme ayant été régulièrement notifié à la date du 23 novembre 2022. Par suite, la requête tendant à l'annulation de cet arrêté qui n'a été enregistrée que le 7 avril 2022 et qui n'a pas été précédée d'un recours administratif, est manifestement tardive et irrecevable. Dans ces conditions, eu égard à son caractère accessoire, la requête tendant à la suspension de cet arrêté est également irrecevable, ainsi que le fait valoir le préfet en défense.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête doit être rejetée en toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D A et au préfet de Mayotte.

Copie de la présente ordonnance sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Fait à Mamoudzou, le 28 avril 2023.

Le président,

juge des référés,

G. C

La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

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