samedi 29 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Mayotte |
| Section | Tribunal Administratif de Mayotte |
| N° Dossier | TA107-2302161 |
| Type | Ordonnance |
| Publication | C |
| Avocat requérant | GHAEM |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 avril 2023 à 22 heures 03, Mme B C représentée par Me Ghaem, avocate, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) de constater que le préfet a porté une atteinte grave et manifeste au droit à un hébergement d'urgence de la requérante et de ses enfants ;
2°) d'enjoindre au préfet de Mayotte sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard, de désigner un lieu susceptible d'accueillir la requérante et ses enfants ;
3°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La requérante soutient que :
- l'urgence est caractérisée par les conditions insalubres de son hébergement ainsi que de ses quatre enfants, alors même que sa situation de mère isolée, son état de santé et celui d'un de ses enfants, la rendent particulièrement vulnérable ;
- l'administration dument informée de cette situation et, spécialement alertée par courrier du 26 avril 2023, en s'abstenant de prendre en considération son cas, porte une atteinte grave aux droits de la requérante et de ses enfants à bénéficier d'un hébergement d'urgence qui constitue une liberté fondamentale au regard de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal, par décision du 25 avril 2023 a désigné M. Séval, président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, en qualité de juge des référés.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". En vertu des dispositions de cet article, il appartient au juge administratif des référés d'ordonner, lorsque l'urgence le justifie, toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle il a été porté atteinte à la suite d'une illégalité présentant un caractère grave et manifeste.
2. La requérante, arguant de l'insalubrité de son logement, de sa particulière vulnérabilité en sa qualité de mère isolée en charge de quatre enfants et, de son état de santé ainsi que celui de son fils A lourdement handicapé, demande, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, que le juge des référés du tribunal de Mayotte mette fin à une atteinte grave et manifeste à son droit à un hébergement d'urgence en ordonnant au préfet de Mayotte de lui désigner sans délai un lieu susceptible d'accueillir sa famille dans le respect de la dignité humaine.
3. La seule circonstance qu'une atteinte à une liberté fondamentale serait avérée n'est pas de nature à caractériser l'existence d'une situation d'urgence particulière justifiant l'intervention du juge des référés dans les 48 heures prévues par les dispositions de l'article L. 521-2. Il appartient ainsi au requérant de justifier dans tous les cas de l'urgence, laquelle ne saurait être regardée comme remplie en l'absence d'éléments concrets, propres à chaque espèce, de nature à établir l'urgence des mesures sollicitées dans le cadre de cette procédure particulière de référé qui implique l'intervention du juge dans les plus brefs délais.
4. En l'espèce, s'il résulte des pièces médicales produites au dossier que l'état de santé de Mme C, souffrant d'une pathologie cardiaque chronique et celui de son fils A né en 2007 et atteint depuis son plus jeune âge de lourds handicaps, nécessitent une prise en charge médicale régulière et des conditions d'hébergement conformes à leur état de santé, il ne ressort toutefois d'aucune de ces pièces, que leur état de santé serait susceptible d'être profondément affecté de façon imminente par le maintien de leurs conditions d'hébergement. Par suite, en l'état du dossier, la requérante ne peut être regardée comme justifiant d'une situation d'urgence imposant que le juge des référés se prononce dans le délai de 48 heures prévu par les dispositions précitées de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.
5. Il résulte de ce qui précède, qu'il y a lieu de rejeter l'ensemble des conclusions présentées par la requérante, y compris celles présentées au titre de l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie, en sera adressée, pour information au préfet de Mayotte.
Fait à Mamoudzou, le 29 avril 2023.
Le juge des référés
J.P SEVAL
La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2302161