mardi 9 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Mayotte |
| Section | Tribunal Administratif de Mayotte |
| N° Dossier | TA107-2302210 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SELARL SAVARY-GOUMI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 9 juin 2022 et 27 septembre 2023, Mme C A, représentée par Me Savary, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'enjoindre, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, au recteur de l'académie de Mayotte de prendre les mesures qu'implique l'exécution du jugement nos 1801344, 1900631 et 1901628 du 29 juin 2021 en lui communiquant ses bulletins de paie ou une attestation relative à l'absence de rémunération concernant la période comprise entre le 1er juin 2016 et le 30 avril 2017.
Elle soutient que :
- le recteur de l'académie de Mayotte n'a pas exécuté spontanément le jugement nos 1801344, 1900631 et 1901628 du 29 juin 2021.
Des pièces ont été produites par le recteur de l'académie de Mayotte le 21 décembre 2023.
Par lettre du 12 mars 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré ce qu'il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'injonction de Mme A tendant à ce qu'il soit enjoint au recteur de l'académie de Mayotte de lui communiquer ses bulletins de paie ou une attestation relative à l'absence de rémunération concernant la période comprise entre le 1er juin 2016 et le 30 avril 2017, le recteur ayant, par une attestation établie le 11 décembre 2023, certifié que l'intéressée n'a perçu aucun traitement durant la période considérée.
Vu :
- le jugement nos 1801344, 1900631 et 1901628 du 29 juin 2021 du tribunal administratif de Mayotte ;
- l'ordonnance n° 1901628 du 18 septembre 2023 du président du tribunal administratif ouvrant, en application de l'article R. 921-6 du code de justice administrative, une procédure juridictionnelle en vue de prescrire les mesures d'exécution de ce jugement ;
- les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Banvillet, premier conseiller ;
- les conclusions de Mme Baizet, rapporteure publique,
- les observations de Mme B représentant le recteur de l'académie de Mayotte,
- Mme A n'étant ni présente ni représentée.
Considérant ce qui suit :
1. Par un jugement nos 1801344, 1900631 et 1901628 du 29 juin 2021 le tribunal a enjoint au recteur de l'académie de Mayotte de communiquer à Mme C A ses bulletins de paie, ou une attestation relative à l'absence de rémunération, concernant la période comprise entre le 1er juin 2016 et le 30 avril 2017, dans un délai de deux mois à compter de sa notification. Par la présente requête, Mme A demande l'exécution de ce jugement du 29 juin 2021.
Sur les conclusions aux fins d'exécution :
2. Aux termes de l'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander au tribunal administratif ou à la cour administrative d'appel qui a rendu la décision d'en assurer l'exécution. Toutefois, en cas d'inexécution d'un jugement frappé d'appel, la demande d'exécution est adressée à la juridiction d'appel. Si le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte. ". Selon l'article R. 921-5 du même code : " Le président de la cour administrative d'appel ou du tribunal administratif saisi d'une demande d'exécution sur le fondement de l'article L. 911-4, ou le rapporteur désigné à cette fin, accomplissent toutes diligences qu'ils jugent utiles pour assurer l'exécution de la décision juridictionnelle qui fait l'objet de la demande. Lorsque le président estime qu'il a été procédé à l'exécution ou que la demande n'est pas fondée, il en informe le demandeur et procède au classement administratif de la demande. ". Enfin aux termes de l'article R. 921-6 dudit code : " Dans le cas où le président estime nécessaire de prescrire des mesures d'exécution par voie juridictionnelle, et notamment de prononcer une astreinte, ou lorsque le demandeur le sollicite dans le mois qui suit la notification du classement décidé en vertu du dernier alinéa de l'article précédent et, en tout état de cause, à l'expiration d'un délai de six mois à compter de sa saisine, le président de la cour ou du tribunal ouvre par ordonnance une procédure juridictionnelle. Toutefois, à l'expiration de ce délai de six mois, lorsque le président estime que les diligences accomplies sont susceptibles de permettre, à court terme, l'exécution de la décision, il informe le demandeur que la procédure juridictionnelle ne sera ouverte, le cas échéant, qu'à l'expiration d'un délai supplémentaire de quatre mois. Cette ordonnance n'est pas susceptible de recours. L'affaire est instruite et jugée d'urgence. Lorsqu'elle prononce une astreinte, la formation de jugement en fixe la date d'effet ".
3. Par jugement devenu définitif nos 1801344, 1900631 et 1901628 du 29 juin 2021, le tribunal administratif de Mayotte a enjoint au recteur de Mayotte communiquer à Mme A ses bulletins de paie ou une attestation relative à l'absence de rémunération concernant la période comprise entre le 1er juin 2016 et le 30 avril 2017, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement. A l'expiration de ce délai, l'intéressée a relancé les services du rectorat par un courrier notifié le 21 octobre 2021. Le 9 juin 2022, Mme A a saisi le tribunal d'une demande d'exécution de ce jugement et, en application des dispositions précitées de l'article R. 921-6 du code de justice administrative, par l'ordonnance susvisée du 18 septembre 2023, le président du tribunal a ouvert la phase juridictionnelle de la procédure d'exécution.
4. Il résulte de l'instruction que, par une attestation établie le 11 décembre 2023, le recteur de l'académie de Mayotte a certifié que Mme A n'a perçu aucun traitement entre les mois de juin 2016 et avril 2017.
5. Il résulte de ce qui précède que la demande de M. A tendant à l'exécution du jugement nos 1801344, 1900631 et 1901628 du 29 juin 2021 est devenue sans objet. Il n'y a donc plus lieu d'y statuer.
DECIDE :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande de Mme A tendant à ce que le tribunal prescrive, sous astreinte de 100 euros jour de retard les mesures qu'implique l'exécution du jugement nos 1801344, 1900631 et 1901628 du 29 juin 2021.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et au recteur de Mayotte.
Délibéré après l'audience du 19 mars 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Sorin, président,
- M. Banvillet, premier conseiller,
- M. Le Merlus, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 avril 2024.
Le rapporteur,
M. BANVILLET
Le président,
T. SORIN
La greffière,
F. DAROUSSI DJANFAR
La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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