vendredi 19 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Mayotte |
| Section | Tribunal Administratif de Mayotte |
| N° Dossier | TA107-2302286 |
| Type | Ordonnance |
| Avocat requérant | KALED |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 mai 2023, M. B A, ressortissant comorien représenté par Me Kaled, demande au juge des référés :
1°) de prononcer, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du préfet de Mayotte du 17 mai 2023 lui faisant obligation de quitter le territoire français sans délai et portant interdiction de retour pour une durée d'un an ;
2°) d'enjoindre au préfet de Mayotte de le remettre en liberté et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'il peut à tout moment être éloigné du territoire français ;
- l'obligation de quitter le territoire français est manifestement illégale au regard de la continuité et de l'ancienneté de son séjour à Mayotte ;
- l'arrêté porte une atteinte grave et manifestement illégale à son droit au respect de sa vie privée et familiale ;
- il encourt des risques en cas de retour en Union des Comores.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Vu l'ordonnance par laquelle le vice-président du Conseil d'Etat a délégué Mme Hnatkiw, en qualité de rapporteur, au tribunal administratif de la Réunion et de Mayotte.
Vu la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme Hnatkiw en qualité de juge des référés.
Considérant ce qui suit :
1. En premier lieu, aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. " Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
2. Il résulte de l'instruction que M. A, ressortissant comorien né le 22 mai 2003 à Mamoudzou, soutient qu'il vit depuis " les années 2000 " à Mayotte où se trouve le centre de ses intérêts privés et familiaux et où il aurait des enfants français. Toutefois, il ne produit aucune pièce démontrant l'ancienneté et la continuité de son séjour sur le territoire français depuis la date alléguée. De plus, il ne démontre pas l'existence d'enfants français dont il s'occuperait. Dans ces conditions, le requérant, qui n'établit pas être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine, est manifestement infondé à soutenir que les décisions attaquées porteraient une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale.
3. En second lieu, si le requérant évoque des risques pour sa vie en cas de retour en Union des Comores, ce moyen n'est assorti d'aucun commencement de preuve et est inopérant au soutien des conclusions présentées à l'encontre de la seule obligation de quitter le territoire sans délai.
4. Il y a lieu, par suite, alors même que M. A fait valoir qu'il se trouve dans une situation d'urgence, de rejeter sa requête en toutes ses conclusions, par application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au préfet de Mayotte
Copie en sera transmise au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Fait à Mamoudzou, le 19 mai 2023.
La juge des référés,
C. Hnatkiw
La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.