mardi 30 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Mayotte |
| Section | Tribunal Administratif de Mayotte |
| N° Dossier | TA107-2302310 |
| Type | Ordonnance |
| Publication | C |
| Avocat requérant | JORION |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 mai 2023 sous le n° 2302310, M. B A, représenté par Me Jorion, avocat, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'arrêté du 22 novembre 2022 par lequel le maire de Bouéni l'a affecté au service " développement économique, touristique et de l'emploi - coopération régionale et relations internationales - communication institutionnelle " en qualité de chargé de mission " développement économique " et a fixé son IFSE à 671 euros par mois ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Bouéni une somme de 3500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. A soutient que :
- compte tenu de la perte de responsabilité subie et de la diminution de sa rémunération dans un contexte de charges lourdes, la condition d'urgence est remplie ;
- la formalité de communication du dossier a été négligée ;
- la mesure s'analyse comme une sanction déguisée ;
- elle ne prend pas en compte l'intérêt du service ;
- elle intervient au titre d'une réorganisation des services dont l'existence est incertaine et qui n'a pas donné lieu à saisine du comité technique paritaire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu la requête enregistrée le 22 janvier 2023 sous le n° 2300384 par laquelle M. A demande l'annulation de l'arrêté susmentionné.
Vu la décision du président du tribunal désignant M. Aebischer, vice-président, en qualité de juge des référés.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". En vertu de l'article L. 522-3, le juge des référés peut rejeter la requête sans instruction ni audience " lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ".
2. M. A, attaché territorial de la commune de Bouéni, exerçait les fonctions de directeur des ressources humaines et bénéficiait, en vertu d'un arrêté du 1er janvier 2019, d'une IFSE de 2 150 euros par mois. Par l'arrêté litigieux du 22 novembre 2022, le maire lui a donné une nouvelle affectation, les fonctions de chargé de mission " développement économique " lui étant confiées au sein d'un nouveau service dénommé " développement économique, touristique et de l'emploi - coopération régionale et relations internationales - communication institutionnelle ", et a fixé à 675 euros le montant mensuel de l'IFSE désormais allouée.
3. Pour attester d'une situation d'urgence, M. A invoque la perte de responsabilités subie dans le cadre de la définition de son nouveau poste et la diminution de 34 % de ses revenus mensuels, se référant à son salaire mensuel moyen de 4 264 euros, y compris les indemnités, qu'il percevait en 2022. Cependant, alors même que la perte de responsabilités est indéniable et que la baisse de rémunération est de nature à obérer, dans une certaine mesure, sa capacité à faire face aux charges liées à ses quatre enfants, aux échéances d'un prêt à la consommation et aux dépenses inhérentes à son projet de construction, le requérant ne justifie pas d'une atteinte grave et immédiate portée à sa situation par la décision, déjà ancienne au demeurant, de réaffectation avec réduction de l'IFSE. La condition d'urgence n'est donc pas remplie.
4. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de prendre position sur la légalité de l'arrêté du 22 novembre 2022, que la requête en référé-suspension présentée par M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A
Copie en sera adressée à la commune de Bouéni et au préfet de Mayotte.
Fait à Mamoudzou le 30 mai 2023.
Le juge des référés,
M.-A. AEBISCHER
La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.