LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA107-2302345

Tribunal Administratif de Mayotte — Décision N° TA107-2302345

lundi 29 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Mayotte
SectionTribunal Administratif de Mayotte
N° DossierTA107-2302345
TypeOrdonnance
PublicationC
Avocat requérantCUNIQUE PIERRE-PHILIPPE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 25 mai 2023, Mme A B, représentée par Me Cunique, avocat, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'arrêté par lequel le préfet de Mayotte a refusé de l'admettre au séjour et l'a obligée à quitter le territoire français sans délai, ainsi que de tous autres arrêtés pris en son exécution fixant le pays de renvoi, portant interdiction de retour sur le territoire français et placement en rétention administrative ;

2°) d'enjoindre au préfet de Mayotte de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler en attendant le réexamen de sa situation ;

3°) d'enjoindre au préfet, en cas d'exécution de la mesure d'éloignement avant que le juge statue, d'organiser et de financer son retour à Mayotte ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'elle a été placée en rétention administrative en vue de l'exécution d'un arrêté de reconduite à la frontière, alors qu'elle vit en France depuis 2013 et qu'elle est l'unique soutien de son fils étudiant et de sa cousine mineure ;

- l'arrêté attaqué porte une atteinte grave et manifestement illégale à son droit au respect de sa vie privée et familiale protégé par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision d'éloignement méconnaît les articles 3-1 et 9-1 de la convention relative aux droits de l'enfant et l'intérêt supérieur de ses enfants.

Par un mémoire complémentaire, enregistré le 25 mai 2023, présenté pour Mme B, la requérante soutient qu'elle a embarqué pour Madagascar le 25 mai 2023.

Par un mémoire en défense, enregistré le 26 mai 2023, le préfet de Mayotte, représenté par la Selarl Centaure avocats, conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- la condition d'urgence n'est pas satisfaite s'agissant de l'interdiction de retour sur le territoire ;

- la requérante ne justifie pas d'une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Vu l'ordonnance du 11 mai 2023 par laquelle le vice-président du Conseil d'Etat a délégué Mme Hnatkiw, en qualité de rapporteur, au tribunal administratif de la Réunion et de Mayotte.

Vu la décision du 12 mai 2023 par laquelle le président du tribunal a désigné Mme Hnatkiw en qualité de juge des référés.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience publique.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 26 mai 2023:

- le rapport de Mme Hnatkiw, juge des référés ;

- les observations de Me Reis, représentant le préfet de Mayotte.

Les parties ont été informées à l'audience que la clôture de l'instruction serait différée.

Vu l'ordonnance en date du 26 mai 2023, fixant la clôture de l'instruction au 26 mai à 17 heures.

Vu la décision du juge des référés en date du 26 mai 2023 portant clôture différée de l'instruction au 26 mai 2023 à 17h00, en application des dispositions de l'article R. 522-8 du code de justice administrative ;

Vu, enregistrée le 26 mai 2023, le mémoire présenté pour le préfet de Mayotte par la Selarl Centaure avocats.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A B, ressortissante malgache née le 2 août 1986, demande à titre principal, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution des décisions par lesquelles le préfet de Mayotte a refusé de l'admettre au séjour et l'a invitée à quitter le territoire français sans délai.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public () aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. () ".

3. Aux termes de l'article L. 761-9 du CESEDA : " L'éloignement effectif de l'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français ne peut intervenir à Mayotte : / () 2° Si l'étranger a saisi le tribunal administratif d'une demande sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, avant que le juge des référés ait informé les parties de la tenue ou non d'une audience publique () ni, si les parties ont été informées d'une telle audience, avant que le juge ait statué sur la demande () ".

4. Il résulte de l'instruction que si la requérante soutient qu'elle a été placée en rétention le 24 mai 2023 et que la mesure d'éloignement aurait été prématurément exécutée le 25 mai 2023 dans la matinée, alors même qu'un référé-liberté avait été introduit en début de matinée par l'avocat de Mme B en vue de faire échec à cette mesure, il résulte de l'instruction, notamment des pièces versées au dossier par le préfet de Mayotte et mentionnant nommément toutes les personnes éloignées le 25 mai à destination de Madagascar, que la requérante ne figure pas sur cette liste. Par conséquent, il n'est pas établi que Mme B ne se trouverait pas encore sur le territoire français.

5. Mme B fait toutefois l'objet d'une mesure d'éloignement vers Madagascar qui peut être mise à exécution à tout moment. Dans ces conditions, elle justifie de l'existence d'une situation d'urgence au sens des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative pour demander la suspension de l'obligation de quitter le territoire français sans délai. Il n'existe, en revanche, aucune urgence à ce que le juge administratif, saisi sur le fondement de l'article L. 521-2, statue dans le délai de quarante-huit heures pour suspendre l'interdiction qui lui est faite de revenir sur le territoire français, dès lors que cette mesure ne produit par elle-même aucun effet tant que l'intéressée se trouve sur le territoire national. Les conclusions de la requête présentées à cette fin doivent donc être rejetées.

6. Aux termes de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".

7. Il résulte de l'instruction que Mme B allègue résider à Mayotte depuis 2013 avec son fils mineur, né en 2005, qui est régulièrement scolarisé, notamment de 2019 à 2022, et sa nièce. Toutefois, le fils de la requérante est né à Madagascar, et il n'est donné aucune information sur son père. La continuité du séjour de la requérante depuis 2013 n'est pas établie par les seules factures d'achats et documents médicaux qu'elle verse au dossier. Elle n'a aucune activité professionnelle et n'établit pas qu'elle pourvoit à ses besoins, ainsi qu'à ceux de son fils, dont il n'est pas établi qu'il résiderait avec elle. Elle n'établit pas davantage qu'elle serait démunie d'attaches personnelles à Madagascar, puisque son passeport porte une adresse dans ce pays. Elle ne fait état d'aucune circonstance qui l'empêcherait de reconstituer sa cellule familiale à Madagascar, où son fils pourrait aussi être scolarisé. Eu égard aux éléments produits par l'intéressée sur sa vie privée et familiale, Mme B n'est pas fondée à soutenir que la mesure d'éloignement litigieuse porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et à l'intérêt supérieur de son enfant.

8. Il résulte de ce qui précède qu'alors même qu'elle fait valoir une situation d'urgence au sens des dispositions précitées de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, Mme B n'est manifestement pas fondée à soutenir qu'en prononçant à son encontre une obligation de quitter le territoire français sans délai, le préfet de Mayotte aurait porté une atteinte grave et manifestement illégale aux libertés fondamentales qui s'attachent à son droit au respect de sa vie privée et familiale et à l'intérêt supérieur de l'enfant.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au préfet de Mayotte.

Copie en sera transmise au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Fait à Mamoudzou, le 29 mai 2023.

La juge des référés,

C. HNATKIW

La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

← Retour aux décisions