mardi 6 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Mayotte |
| Section | Tribunal Administratif de Mayotte |
| N° Dossier | TA107-2302433 |
| Type | Ordonnance |
| Avocat requérant | ZOUBERT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 31 mai 2023, Mme A représentée par Me Zoubert demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté du 31 mai 2023 du préfet de Mayotte lui faisant obligation de quitter le territoire français sans délai et lui interdisant le retour sur le territoire français ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie, en raison du caractère exécutoire de l'obligation de quitter le territoire français ;
- l'obligation de quitter le territoire français porte une atteinte grave à son droit à la présomption d'innocence.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 juin 2023, le préfet de Mayotte, représenté par Me Rannou, conclut au non -lieu à statuer dès lors qu'il a retiré l'arrête attaqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Villain , en application de l'article L.511-2 du code de justice administratif, en qualité de juge des référés.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience publique qui a eu lieu le 3 juin 2023 à 11h00 (heure de Mayotte), en présence de Mme Mdéré greffière d'audience.
Après avoir entendu, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Villain, juge des référés ;
- les observations de Me Marchand avocat du préfet de Mayotte ;
- Mme A n'étant ni présente , ni repréentée .
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante comorienne , née le 25 janvier 1987, demande, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du préfet de Mayotte lui faisant obligation de quitter le territoire français sans délai et lui interdisant le retour sur le territoire français.
2. Mais dans ses écritures , le préfet établit qu'il a retiré l'arrête contesté par un arrêté du 1er juin 2023 . Dans ces conditions, les conclusions de la requête tendant à la suspension des effets de l'arrêté contesté sont, en tout état de cause, devenues sans objet. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu toutefois de condamner l'Etat à verser à Mme A la somme de 300 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête tendant à la suspension de l'arrêté du 31 mai 2023 faisant obligation à Mme A de quitter le territoire français sans délai.
Article 2 : L'Etat versera à Mme A la somme de 300 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au préfet de Mayotte.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.
Fait à Mamoudzou, le 6 juin 2023.
Le juge des référés,
J.F. VILLAIN
La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.