samedi 3 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Mayotte |
| Section | Tribunal Administratif de Mayotte |
| N° Dossier | TA107-2302467 |
| Type | Ordonnance |
| Avocat requérant | EKEU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 juin 2023 à 6 heures 56, M. B A, représenté par Me Ekeu, avocat, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté 11981/2023 par lequel le préfet de Mayotte lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français ;
2°) d'enjoindre au préfet de Mayotte de réexaminer son dossier sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie ;
- la décision contestée a été signée par une autorité incompétente et a été prise sur la base d'une appréciation insuffisante de sa situation ;
- l'obligation de quitter le territoire français et l'interdiction de retour sur le territoire français portent une atteinte grave et manifestement illégale à son droit au respect de sa vie privée et familiale et à l'intérêt supérieur de ses enfants.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal, par décision du 25 avril 2023 a désigné M. Séval, président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, en qualité de juge des référés.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant comorien né le 20 décembre 1990 à Bazimini (Unions des Comores), demande à titre principal, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté par lequel le préfet de Mayotte lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français.
2. En premier lieu, M. B A ne peut utilement invoquer au soutien de sa requête présentée sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la circonstance que la décision attaquée aurait été prise par une autorité incompétente qui se serait au surcroit livrée à une appréciation insuffisante de sa situation.
3. En second lieu en se bornant à produire les actes de naissance de ses enfants de nationalité comorienne nés à Mayotte en 2017 et 2021 et 4 factures émises en 2021 et 2022, M. B A ne justifie ni d'une durée de séjour, ni de l'existence et de l'intensité des liens familiaux qu'il semble invoquer. En l'état du dossier, le requérant n'est donc pas fondé à soutenir que la décision attaquée méconnaitrait les stipulations des articles 6 et 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et porterait ainsi attente à son droit à mener une vie privée et familiale normale en France ou à l'intérêt supérieur de ses enfants avec lesquels il ne démontre pas entretenir de liens particuliers.
4. Dans ces conditions, la requête de M. B A, qui n'apporte aucune information précise sur sa situation personnelle et familiale et qui ne justifie, ni même n'allègue, être dépourvu de liens dans son pays d'origine dans lequel il doit être réputé avoir passé l'essentiel de son existence, doit être rejetée en toutes ses conclusions en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. B A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au préfet de Mayotte.
Fait à Mamoudzou, le 3 juin 2023.
Le juge des référés,
J.P. SEVAL
La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.