vendredi 5 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Mayotte |
| Section | Tribunal Administratif de Mayotte |
| N° Dossier | TA107-2303408 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | WTA-avocats (R. WEYL- F. WEYL - F. WEYL - E. TAULET) |
Vu la procédure suivante :
Par une demande, enregistrée le 24 avril 2022, M. D B, représenté par Me Weyl, avocat, demande au tribunal d'enjoindre au recteur de l'académie de Mayotte de prendre les mesures qu'implique l'exécution de l'ordonnance n° 1901140 du 15 janvier 2021 par laquelle le président de la deuxième chambre du tribunal a condamné l'Etat à lui verser les sommes dues au titre de la première fraction de l'indemnité de sujétion géographique, majorées des intérêts au taux légal à compter du 21 janvier 2019, les sommes dues au titre de la deuxième fraction de l'indemnité de sujétion géographique et la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par une ordonnance en date du 14 août 2023, le président du tribunal administratif a décidé l'ouverture d'une procédure juridictionnelle.
Par un mémoire, enregistré le 27 novembre 2023, M. D B, représenté par Me Weyl, demande au tribunal :
1°) d'enjoindre au recteur de l'académie de Mayotte de procéder à l'exécution complète de l'ordonnance n° 1901140 du 15 janvier 2021 du président de la deuxième chambre du tribunal, dans un délai de huit jours à compter de la décision à intervenir ;
2°) à cet effet, d'enjoindre au recteur de l'académie de Mayotte de procéder au paiement d'un reste dû de 1 063,58 euros, arrêté à la date du 30 novembre 2023, outre les intérêts légaux ultérieurs, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les deux fractions de l'indemnité de sujétion géographique ont été versées mais qu'après imputation sur les intérêts par priorité reste dû un montant de 1 063,58 euros au 30 novembre 2023.
La requête a été communiquée au recteur de l'académie de Mayotte qui n'a pas produit d'observations.
Vu :
- l'ordonnance n° 1901140 du 15 janvier 2021 du président de la deuxième chambre du tribunal administratif de Mayotte ;
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code civil ;
- le code monétaire et financier ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience, la formation de jugement compétente siégeant au tribunal administratif de La Réunion, dans les conditions prévues à l'article L. 781-1 et aux articles R. 781-1 et suivants du code de justice administrative, Mme A étant greffière d'audience au tribunal administratif de Mayotte.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Khater, présidente-rapporteure,
- les conclusions de Mme Baizet, rapporteure publique,
- les observations de Mme C pour le recteur de l'académie de Mayotte, M. B n'étant ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander à la juridiction, une fois la décision rendue, d'en assurer l'exécution. / Si le jugement () dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte ". Lorsque le tribunal administratif est saisi d'une demande d'exécution d'une décision juridictionnelle sur le fondement de ces dispositions, il lui appartient de statuer sur cette demande en tenant compte de la situation de droit et de fait existant à la date de sa décision.
2. Par l'ordonnance susvisée du 15 janvier 2021, le président de la deuxième chambre du tribunal a condamné l'Etat à verser à M. D B les sommes dues au titre de la première fraction de l'indemnité de sujétion géographique, majorées des intérêts au taux légal à compter du 21 janvier 2019 (article 2), les sommes dues au titre de la deuxième fraction de l'indemnité de sujétion géographique (article 3) et la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative (article 4).
3. Dans le dernier état de ses écritures, M. B demande que lui soit versé un reste dû de 1063,58 euros, arrêté à la date du 30 novembre 2023, outre les intérêts légaux ultérieurs, après règlements des sommes dues au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative le 31 mars 2021 puis des sommes dues au titre des deux fractions de l'indemnité de sujétion géographique le 30 avril 2021.
4. D'une part, aux termes de l'article L. 313-3 du code monétaire et financier : " En cas de condamnation pécuniaire par décision de justice, le taux de l'intérêt légal est majoré de cinq points à l'expiration d'un délai de deux mois à compter du jour où la décision de justice est devenue exécutoire, fût-ce par provision. () Toutefois, le juge de l'exécution peut, à la demande du débiteur ou du créancier, et en considération de la situation du débiteur, exonérer celui-ci de cette majoration ou en réduire le montant. ".
5. D'autre part, même en l'absence de demande tendant à l'allocation d'intérêts, tout jugement prononçant une condamnation à une indemnité fait courir les intérêts du jour de son prononcé jusqu'à son exécution, au taux légal puis, en application des dispositions précitées, au taux majoré s'il n'est pas exécuté dans les deux mois de sa notification.
6. Enfin, en application de l'article 1343-1 du code civil, tout paiement partiel s'impute d'abord sur les intérêts.
7. Il est constant que les deux fractions de l'indemnité de sujétion géographique dues à M. B s'élèvent chacune, en principal, à la somme de 8 973 euros. Il résulte en outre de l'instruction que l'ordonnance dont il est demandé l'exécution a été notifiée le 15 janvier 2021. Les intérêts portant sur la première fraction doivent donc être calculés au taux de l'intérêt légal pour la période du 21 janvier 2019 au 15 mars 2021 puis au taux d'intérêt légal majoré de cinq points à compter du 16 mars 2021. Les intérêts portant sur la deuxième fraction doivent être, quant à eux, calculés au taux de l'intérêt légal pour la période du 15 janvier 2021 au 15 mars 2021 puis au taux d'intérêt légal majoré de cinq points à compter du 16 mars 2021. S'agissant de la somme de 1 000 euros due au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, elle porte également intérêts au taux légal à compter du 15 janvier 2021, date de notification de l'ordonnance, puis au taux légal majoré à compter du 16 mars 2021. Par suite, par application des taux d'intérêt au taux légal sur les sommes dues à M. B, le montant total des intérêts dus au 31 mars 2021 s'élève à la somme de 738,16 euros, se décomposant comme suit :
TauxBaseIntérêts21/09/2019 30/06/2019 160 jours3,40% 8 973,00 (fraction 1)133,7301/07/2019 31/12/2019 184 jours3,26% 8 973,00 (fraction 1)147,4601/01/2020 30/06/2020 182 jours3,15% 8 973,00 (fraction 1)140,9401/07/2020 31/12/2020 184 jours3,11% 8 973,00 (fraction 1)140,6801/01/2021 15/01/2021 15 jours3,14% 8 973,00 (fraction 1)11,5816/01/202115/03/202159 jours3,14%8 973,00 (fraction 1)
8 973,00 (fraction 2)
1 000,00
(article L. 761-1)
soit 18 946,00 au total96,1616/03/202131/03/2021 16 jours8,14% 18 946,0067,60
8. A la date du 31 mars 2021, le recteur de l'académie de Mayotte a procédé au paiement d'une somme de 1 000 euros qui, selon les principes énoncés ci-dessus, doit s'imputer par priorité sur les intérêts, de sorte qu'à la date du 1er avril 2021, ne restent dus aucuns intérêts et au titre du principal la somme de 18 684,16 euros, seul le reliquat de 261,84 euros pouvant être imputé sur le principal. Il suit de là qu'à compter du 1er avril 2021, le recteur de l'académie de Mayotte reste redevable du paiement au principal de la somme de 18 684,16 euros, assortie des intérêts au taux légal majoré de cinq points.
9. Jusqu'au 30 avril 2021, le recteur de l'académie n'a procédé à aucun paiement de sorte que les intérêts au taux légal majoré ont continué de courir sur cette base de 18 684,16 euros et à la date du 30 avril 2021 était due au titre des intérêts une somme de 125 euros.
01/04/202130/04/202130 jours8,14%18 684,16125,00
10. A la date du 30 avril 2021, le recteur de l'académie de Mayotte a procédé au paiement d'une somme de 17 946 euros qui, selon les principes énoncés ci-dessus, doit s'imputer par priorité sur les intérêts, de sorte qu'à la date du 1er mai 2021, ne restent dus aucuns intérêts et au titre du principal la somme de 863,16 euros. Il suit de là qu'à compter du 1er mai 2021, le recteur de l'académie de Mayotte reste redevable du paiement au principal de la somme de 863,16 euros, assortie des intérêts au taux légal majoré de cinq points.
11. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'enjoindre au recteur de l'académie de Mayotte de verser à M. B une somme de 863,16 euros, assortie des intérêts au taux légal majoré de cinq points courant à compter du 1er mai 2021, sans qu'il y ait lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
12. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'allouer à M. B la somme qu'elle demande au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : Il est enjoint au recteur de l'académie de Mayotte de verser à M. B une somme de 863,16 euros, assortie des intérêts au taux légal majoré de cinq points courant à compter du 1er mai 2021.
Article 2 : Le surplus des conclusions de M. B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D B et au recteur de l'académie de Mayotte.
Délibéré après l'audience du 12 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Khater, présidente,
M. Banvillet, premier conseiller,
M. Le Merlus, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe du tribunal le 5 janvier 2024.
L'assesseur le plus ancien,
M. BANVILLETLa présidente-rapporteure,
A. KHATER
La greffière,
A. A
La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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