mardi 17 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Mayotte |
| Section | Tribunal Administratif de Mayotte |
| N° Dossier | TA107-2303822 |
| Type | Ordonnance |
| Avocat requérant | CHAKRINA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 septembre 2023, Mme A B, représentée par Me Chakrina, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision implicite du refus du Groupement d'intérêt public (GIP) Europe à Mayotte de rétablir sa rémunération initiale prévue dans son contrat de travail du 25 octobre 2021 ;
2°) d'ordonner le paiement des arriérés de la rémunération initiale pour une somme non déterminée dans la requête ;
3° de mettre à la charge du GIP le paiement d'une somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme B soutient que :
- l'urgence résulte de la diminution substantielle de sa rémunération engendrée par
l'avenant du 12 décembre 2022 qu'elle n'a pas signé ;
- le doute sérieux est caractérisé par la violation des dispositions de l'article 1-3 du décret n° 83-634 du 13 juillet 1983.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 11 février 2023 sous le numéro 2300736 par laquelle
Mme B, demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
-la loi modifiée n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, et la loi modifiée n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat ;
- le décret n° 86-83 du 17 janvier 1986 relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels de l'Etat pris pour l'application de l'article 7 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1., Mme B, a été recrutée comme agent contractuel de catégorie A par le GIP Europe Mayotte par contrat à durée déterminé à temps complet à compter du 25 octobre 2021 pour prendre fin le 30 septembre 2024. Par un avenant du 25 septembre 2022, la durée du contrat initial a été ramené jusqu'au 24 octobre 2022, puis par un autre avant du même jour son contrat a été renouvelé pour une durée de 3 années du 25 octobre 2022 jusqu'au 24 octobre 2025. Enfin, par un avenant n° 4 du 12 décembre 2022, la rémunération de la requérante a été fixée à l'indice majoré 830 à compter du 1er décembre 2022 alors qu'il était auparavant fixé à 1226. Par la présente requête, Mme B demande au juge des référés la suspension de l'exécution de la décision implicite née en conséquence de son recours gracieux du 9 février 2022 ainsi que le juge des référés enjoigne le versement des arriérés de salaire.
Sur les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. / Lorsque la suspension est prononcée, il est statué sur la requête en annulation ou en réformation de la décision dans les meilleurs délais. La suspension prend fin au plus tard lorsqu'il est statué sur la requête en annulation ou en réformation de la décision. ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L.522-1. ".
3. En premier lieu, pour justifier l'urgence d'une suspension de l'exécution de la décision litigieuse, Mme B invoque le préjudice financier résultant de sa baisse substantielle de salaire, en se prévalant d'une décision implicité née d'un recours gracieux formé le 9 février 2022 à l'encontre d'un avenant en date du 12 décembre 2022. Toutefois, la requérante doit être regardée comme s'étant placée dans la situation d'urgence invoquée, dès lors que sa demande d'annulation d'une décision implicite formée le 9 février 2022, qui est donc née au mieux début juin 2022, a déposé son référé le 26 septembre 2023, soit plus d'une année après la naissance de la décision attaquée. Par conséquent, la condition d'urgence, telle qu'entendue par les dispositions précitées de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, ne peut être regardée comme remplie.
Sur les conclusions indemnitaires :
4. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Il n'est pas saisi du principal () ".
5. Les conclusions de la requête de Mme B tendant à ce que le GIP Europe Mayotte soit condamné à lui verser une somme correspondant à des salaires qui lui seraient dus depuis le mois de décembre 2022 excèdent les pouvoirs que les dispositions législatives rappelées ci-dessus confèrent au juge des référés et ne peuvent, par suite, qu'être rejetées. Au surplus, il ne résulte pas de l'instruction que Mme B a adressé une demande préalable indemnitaire au GIP Europe Mayotte.
6. Par suite, la requête doit être rejetée en toutes ses conclusions sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.
Copie en sera délivrée au Préfet de Mayotte.
Fait à Mamoudzou, le 17 octobre 2023.
Le juge des référés,
G. CORNEVAUX
La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°230382