jeudi 12 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Mayotte |
| Section | Tribunal Administratif de Mayotte |
| N° Dossier | TA107-2303974 |
| Type | Ordonnance |
| Avocat requérant | DJAMAL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 7 octobre 2023, Mme C A, ressortissante comorienne née le 5 septembre 2004, représentée par Me Djamal, demande, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, au juge des référés :
1°) d'ordonner la suspension des effets d la décision du 25 août 2023 par lequel le préfet de Mayotte a refusé de lui délivrer un visa long séjour pour étude ;
2°) d'enjoindre au préfet de Mayotte de lui délivrer le visa de long séjour demandé
Elle soutient que :
- la décision litigieuse est entachée d'un défaut de motivation, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 211-5 du code du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par ailleurs, elle fait référence aux articles L. 832-2 et R. 832-2 du code du séjour des étrangers et du droit d'asile qui ont été abrogés par une ordonnance du 16 décembre 2020 ;
- la même décision est entachée d'un vice de procédure, dés lors qu'elle n'a pas précédé d'une demande d'avis du préfet des Alpes-Maritimes, en méconnaissance des dispositions de l'article R. 441-6 du code du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la même décision est entachée d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 441-7 du code du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'elle est titulaire d'un baccalauréat français obtenu en 2023 et qu'elle a été admise en première année du BTS " service-comptabilité-gestion " du lycée Honoré d'Estienne d'Orves à la rentrée 2023/2024. En outre, elle sera hébergée chez M. B, qui la prendra en charge dans l'attente de l'acceptation de sa demande de bourse, pour l'obtention de laquelle elle remplit l'ensemble des conditions.
- la condition de l'urgence est remplie dès lors qu'elle est tenue de se présenter au lycée Honoré d'Estienne d'Orves en octobre 2023, et qu'elle n'a pas d'autre option scolaire pour l'année 2023/2024.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- les requêtes enregistrées le 29 septembre 2023, sous le n° 233923 et sous le n° 2303976, par lesquelles laquelle Mme A demande l'annulation de la décision litigieuse ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative ;
Vu la décision, prise en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, par laquelle le président du Tribunal a désigné M. Sauvageot, premier conseiller, en qualité de juge des référés.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public () aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". En outre, aux termes de l'article L. 522-3 du même code " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
2. L'urgence justifie la suspension de l'exécution d'un acte administratif lorsque celle-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte contesté sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
3. En l'espèce, pour soutenir que la condition d'urgence est satisfaite, la requérante fait valoir qu'elle est tenue de se présenter au lycée Honoré d'Estienne d'Orves de Nice au plus tard en octobre 2023, et qu'elle ne dispose pas d'autre option de scolarité dans l'enseignement supérieur pour l'année 2023/2024. Toutefois, par les pièces qu'elle produit, la requérante ne justifie pas de la nécessité d'être présente à Nice au plus tard en octobre 2023. Par ailleurs, elle ne justifie pas davantage avoir sollicité une ou plusieurs inscriptions auprès du centre universitaire de Mayotte au titre de la même année. Dans ces circonstances, la condition d'urgence ne peut être regardée comme établie.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête doit être rejetée en application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête présentée par Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A.
Copie de la présente ordonnance sera adressée au préfet de Mayotte
Fait à Mamoudzou, le 12 octobre 2023.
Le juge des référés,
F. SAUVAGEOT
La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.