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AccueilJurisprudence administrativeN° TA107-2304044

Tribunal Administratif de Mayotte — Décision N° TA107-2304044

dimanche 15 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Mayotte
SectionTribunal Administratif de Mayotte
N° DossierTA107-2304044
TypeOrdonnance
PublicationC
Avocat requérantAARPI BELLIARD RATRIMOARIVONY CHHANN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 12 octobre 2023, M. A B, représenté par Me Belliard, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté n° 22135/2023 du 12 octobre 2023 en tant que le préfet de Mayotte l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;

2°) d'enjoindre au préfet de Mayotte de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour et de procéder au réexamen de sa situation, dans un délai de deux mois ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'urgence est caractérisée par l'éloignement imminent auquel il est exposé ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français sans délai, assortie d'une interdiction de retour sur le territoire français, qui méconnaît l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, porte une atteinte grave et manifestement illégale à son droit au respect de sa vie privée et familiale, protégé par l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle porte également atteinte à l'intérêt supérieur de son enfant, protégé par le paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- la convention européenne des droits de l'homme ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Ramin, premier conseiller, en qualité de juge des référés, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant comorien né le 12 août 1987 à Hahaya (Union des Comores), a été placé en rétention administrative le 12 octobre 2023, à la suite d'un contrôle d'identité. M. B demande à titre principal au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de l'arrêté n° 22135/2023 du 12 octobre 2023 en tant que le préfet de Mayotte lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.

2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public () aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci () est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

3. M. B, ressortissant comorien né en 1987, soutient qu'il réside depuis plus de douze ans à Mayotte, qu'il y a bénéficié de titres de séjour en qualité de conjoint d'une personne de nationalité française et que son fils, né à Mamoudzou en 2014, possède également la nationalité française. Toutefois, il résulte de l'instruction que M. B est défavorablement connu des services de police pour menace de mort réitérée commise à l'encontre de son ex-conjointe, pour violences sans incapacité pour lesquelles il a été interpellé en 2016 à la suite de multiples infractions, pour participation à association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un délit puni d'au moins de cinq ans d'emprisonnement, d'aide à l'entrée, à la circulation ou au séjour irréguliers d'un étranger en France ou dans un Etat partie à la convention de Schenghen en bande organisée, fourniture frauduleuse de document administratif constatant un droit, une identité ou une qualité ou accordant une autorisation, faux dans un document administratif constatant un droit, une identité ou une qualité ou accordant une autorisation et détention de faux documents administratifs. M. B ne conteste pas la matérialité de ces faits caractérisant, par leur gravité et leur caractère répété, une menace pour l'ordre public au motif de laquelle le renouvellement de son dernier titre de séjour a été refusé par arrêté du 22 juillet 2022. Le requérant n'a pas déféré à la mesure d'éloignement prononcée par cet arrêté, portant obligation de quitter le territoire français sans délai, assortie d'une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans. Dès lors et tandis qu'il ne soutient, ni même n'allègue au demeurant disposer d'un droit de visite à l'égard de son fils mineur, M. B, alors même qu'il fait valoir une situation d'urgence, résultant de son placement en rétention administrative en vue de son éloignement imminent, n'est manifestement pas fondé à soutenir qu'en prononçant à son encontre une obligation de quitter le territoire français sans délai, assortie d'une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an, le préfet de Mayotte aurait porté une atteinte grave et manifestement illégale aux libertés fondamentales qui s'attachent à son droit au respect de sa vie privée et familiale et à l'intérêt supérieur de son enfant.

4. Il y a lieu, par suite, de rejeter la requête de M. B dans l'ensemble de ses conclusions, sans instruction ni audience, par application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. A B et au préfet de Mayotte.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en application de l'article R. 751-8 du code de justice administrative.

Fait à Mamoudzou, le 15 octobre 2023.

Le juge des référés,

V. RAMIN

La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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