vendredi 5 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Mayotte |
| Section | Tribunal Administratif de Mayotte |
| N° Dossier | TA107-2304071 |
| Type | Ordonnance |
| Publication | D |
| Avocat requérant | MOHAMED |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée, le 16 octobre 2023, Mme A B C,
représentée par Me Mohamed, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 25 juillet 2023 par lequel le préfet de Mayotte a refusé de renouveler son titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai d'un mois à destination des Comores ;
2°) d'enjoindre au préfet de Mayotte de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la décision à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros à lui verser sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que l'arrêté attaqué :
- méconnait les dispositions des articles L. 423-7 et L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- porte atteinte à vie privée et familiale protégé par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits humains et des libertés fondamentales ;
- méconnait l'intérêt supérieur de ses enfants protégé par l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits humains et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Par une ordonnance du 14 mai 2024, le vice-président du Conseil d'État a, en application des articles L. 221-2-1 et R. 221-6-1 du code de justice administrative, délégué M. Jégard aux tribunaux administratifs de Mayotte et de La Réunion et du 15 juin au 13 juillet 2024.
Le président du tribunal a désigné M. Jégard, premier conseiller, en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, pour statuer par ordonnance dans les cas prévus aux 1° à 7° de cet article.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans ou ayant atteint au moins le grade de premier conseiller peuvent, par ordonnance : / () / 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé ".
2. Mme A B C, ressortissante comorienne née vers 1983, ne justifie pas de sa contribution à l'entretien et l'éducation de son enfant français né en 2014 en se bornant à produire trois factures d'achat et une promesse d'embauche. Au demeurant, elle n'établit pas, ni même n'allègue, que le père de son enfant, ressortissant français, participe à son entretien et son éducation. Par ailleurs, en produisant l'acte de naissance de trois enfants nés en 2004, 2006 et 2009 aux Comores, Mme B ne fournit aucun élément sur ses conditions d'existence sur le territoire français et ne justifie pas être dépourvue d'attaches familiales aux Comores. Dans ces conditions, eu égard aux pièces lacunaires produites, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions des articles L. 423-7 et L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits humains et des libertés fondamentales ainsi que le paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant, ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien. Par suite, la requête de Mme B C doit, dès lors, être rejetée en toutes ses conclusions, en application des dispositions précitées du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme B C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B C et au préfet de Mayotte.
Fait à Mamoudzou, le 5 juillet 2024.
Le magistrat délégué,
X. JÉGARD
La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.