lundi 6 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Mayotte |
| Section | Tribunal Administratif de Mayotte |
| N° Dossier | TA107-2304168 |
| Type | Ordonnance |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 octobre 2023, Mme B A, demande au juge des référés :
- d'annuler la décision implicite rendue par la chambre des métiers et de l'artisanat de Mayotte de rejet de son recours gracieux pour lui avoir refusé le paiement de ses salaires depuis 6 mois pour avoir dénoncer des faits de harcèlement moral ;
- d'enjoindre à la délivrance d'attestation de travail pour le paiement de ses indemnités journalières par la sécurité sociale ;
- d'enjoindre à son employeur le versement de ses salaires impayés depuis le 1er mai 2023 en tant compte de la réévaluation du point d'indice e de son nouvel échelon ;
- d'enjoindre à son employeur le versement d'une avance sur traitement d'un montant de 15 759,70 euros ;
- l'annulation des deux semaines de congés pris puisqu'il n'ont pas été pris en compte et payé ;
- l'exécution provisoire de la décision à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
- le versement d'une indemnité en réparation du préjudice moral et physique d'un montant de 15 000 euros à raison du harcèlement du chargé de mission, directeur général des services sous couvert de la présidente ;
- le versement d'une indemnité en réparation du préjudice moral et physique d'un montant de 8 000 euros en compensation de l'absence de salaire pendant une période de 6 mois ;
- le versement d'une somme de 4 000 euros au titre des frais irrépétibles prévus à l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle n'a pas reçu paiement de son salaire depuis le 1er mai 2023 alors qu'elle était dans une situation régulière car soi en arrêt de travail pour maladie, soit à raison d'un droit de retrait, soit pour non paiement de salaire ;
- elle est en situation de harcèlement depuis le mois d'octobre 2022 notamment pour des faits de discrimination, pour des demandes de taches ne correspondant pas à sa fiche de poste, pour des menaces, des tentatives d'intimidation et de dénigrement devant des élus de la chambre des métiers ou des collègues.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- la loi n° 52-1311 du 10 décembre 1952 ;
- le statut du personnel des chambres de métiers et de l'artisanat ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire () ". Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 dudit code : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. " et aux termes de l'article L. 521-3 : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". L'article L. 522-3 dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ". Enfin, selon l'article R. 522-1 du même code : " () / A peine d'irrecevabilité, les conclusions tendant à la suspension d'une décision administrative ou de certains de ses effets doivent être présentées par requête distincte de la requête à fin d'annulation ou de réformation et accompagnées d'une copie de cette dernière ".
2. Les demandes présentées devant le juge des référés statuant en urgence sont régies par les articles L. 521-1, L. 521-2 et L. 521-3 du code de justice administrative et sont instruites et jugées selon des règles différentes, suivant qu'elles s'appuient sur l'un ou l'autre de ces articles. Il appartient ainsi au requérant de préciser la procédure de référé sur le fondement de laquelle il présente sa requête sous peine d'irrecevabilité de la demande. Mme B A s'est bornée lors du dépôt de sa requête à indiquer qu'elle saisit le juger des référés du tribunal de Mayotte " pour une demande de traitement en référé vu l'urgence " sans préciser les dispositions du code de justice administrative sur le fondement desquelles elle entend présenter sa demande, notamment dans le corps de sa requête. A cet égard, l'intéressée ne demande pas la suspension de l'exécution d'une décision administrative, mais " d'annuler la décision implicite rendue par la chambre des métiers et de l'artisanat de Mayotte à l'issue du délai légal de recours gracieux ". En tout état de cause, à la date de la présente ordonnance, l'intéressée n'a pas introduit de requête au fond distincte de sa requête en référé. Elle ne se prévaut pas davantage d'une atteinte grave et manifestement illégale à une quelconque liberté fondamentale. Enfin, la requérante ne peut être regardée éventuellement comme demandant au juge des référés d'ordonner des mesures utiles sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative. En effet, Mme A se prévaut d'une décision implicite de rejet de son recours gracieux, qui nécessairement, fait obstacle au prononcé par le juge des référés de mesures utiles.
3. Il résulte de ce qui précède qu'en l'état de l'instruction, que la requête de
Mme A ne peut être que rejetée en toutes ses conclusions selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code précité.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.
Fait à Mamoudzou, le 6 novembre 2023.
Le juge des référés,
G. CORNEVAUX
La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.