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AccueilJurisprudence administrativeN° TA107-2400040

Tribunal Administratif de Mayotte — Décision N° TA107-2400040

vendredi 9 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Mayotte
SectionTribunal Administratif de Mayotte
N° DossierTA107-2400040
TypeDécision
Avocat requérantHESLER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 5 janvier 2024, M. C B, représenté par Me Hesler, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre la décision du 19 octobre 2023 par laquelle le directeur du conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) a refusé de lui délivrer une carte professionnelle en vue d'exercer l'activité d'agent de sécurité privée.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que la décision attaquée l'expose à la perte de son emploi et par conséquence à la perte de ressources pour sa famille ;

- les moyens tirés de l'erreur manifeste d'appréciation et de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure sont, en l'état de l'instruction, de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 15 janvier 2024, le directeur du CNAPS, conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- l'urgence n'est pas caractérisée ;

- les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée sous le n°2400039 tendant à l'annulation de la décision du 19 octobre 2023 par laquelle le directeur du CNAPS a refusé de délivrer à M. B une carte professionnelle.

Vu :

- le code de sécurité intérieure ;

- le code de justice administrative.

Vu la décision, prise en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, par laquelle le président du tribunal a désigné Mme Khater, vice-présidente, en qualité de juge des référés.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience publique qui a eu lieu le 9 février 2024 à 9 heures (heure de Mayotte), la magistrate siégeant au tribunal administratif de La Réunion, dans les conditions prévues à l'article L. 781-1 et aux articles R. 781-1 et suivants du code de justice administrative, Mme A étant greffière d'audience au tribunal administratif de Mayotte.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 9 février 2024 :

- le rapport de Mme Khater, juge des référés ;

- et les observations de Me Hesler pour M. B.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Par une décision du 19 octobre 2023, le directeur du CNAPS a rejeté la demande de M. B tendant à la délivrance d'une carte professionnelle en vue d'exercer l'activité d'agent de sécurité privée. Par la présente requête, M. B demande au juge des référés la suspension des effets de cette décision, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

3. Aux termes de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure : " Nul ne peut être employé ou affecté pour participer à une activité mentionnée à l'article L. 611-1 : / 1° S'il a fait l'objet d'une condamnation à une peine correctionnelle ou à une peine criminelle inscrite au bulletin n° 2 du casier judiciaire ou, pour les ressortissants étrangers, dans un document équivalent, pour des motifs incompatibles avec l'exercice des fonctions ; () ".

4. Pour justifier le refus de délivrance d'une carte professionnelle autorisant l'exercice d'une activité privée de sécurité à M. B, le directeur du CNAPS s'est fondé sur les dispositions précitées du 1° de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure qui interdisent l'exercice d'une activité privée de sécurité aux personnes ayant fait l'objet d'une condamnation à une peine correctionnelle ou à une peine criminelle inscrite au bulletin n°2 du casier judiciaire en faisant valoir la condamnation de M. B à une peine d'emprisonnement de vingt-quatre mois dont douze mois assortis du sursis probatoire et à une peine complémentaire d'interdiction de port et détention d'arme pendant cinq ans, par un jugement du 25 juillet 2022, pour des faits de dégradation ou de détérioration du bien d'autrui par un moyen dangereux, commis le 25 mai 2022. Si l'extrait du bulletin n°2 du casier judiciaire de M. B n'a pas été produit au dossier, seule la réponse faite à la délégation territoriale Océan Indien du CNAPS en faisant mention, M. B ne conteste pas l'exactitude ni de cette condamnation, ni de son inscription au bulletin n°2 du casier judiciaire, produisant d'ailleurs la requête, toujours pendante, présentée au procureur de la République de Mamoudzou en vue de son effacement du bulletin n°2. Par ailleurs, les faits pour lesquels il a été condamné apparaissent, certes, en l'état de l'instruction isolés mais par leur caractère récent et leur nature même, s'agissant de détérioration du bien d'autrui par un moyen dangereux, M. B ayant reconnu avoir volontairement incendié la maison d'une voisine, peuvent être regardés comme incompatibles avec l'exercice d'une activité privée de sécurité. Il suit de là que les moyens tirés de l'erreur manifeste d'appréciation et de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure ne sont pas, en l'état de l'instruction, de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée.

5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition de l'urgence, qu'il y a lieu de rejeter la requête de M. C B.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B et au directeur du Conseil national des activités privées de sécurité.

Fait à Mamoudzou, le 9 février 2024.

La juge des référés,

A. KHATER

La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2400040

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