mercredi 31 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Mayotte |
| Section | Tribunal Administratif de Mayotte |
| N° Dossier | TA107-2400175 |
| Type | Ordonnance |
| Avocat requérant | OUSSENI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 janvier 2024, M. B C A, représenté par l'AARPI Avocats associés Ousseni-Hesler, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre la décision du 24 novembre 2023 par laquelle le préfet de Mayotte a implicitement refusé de lui délivrer un titre de séjour mention " vie privée et familiale " ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour lui permettant de travailler en attendant qu'il soit statué sur sa requête au fond ;
3°) de dire que l'ordonnance à intervenir sera immédiatement exécutoire ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie, en raison de sa situation familiale et professionnelle ;
- les moyens tirés de l'insuffisance de motivation, de l'erreur manifeste d'appréciation sur sa situation personnelle, de la violation de son droit à la vie privée et familiale protégé par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que la violation de l'intérêt supérieur de son enfant protégé par l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, sont, en l'état de l'instruction, de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité du refus de séjour.
Vu :
- la requête enregistrée le 24 janvier 2024 sous le numéro n°2400174 par laquelle le requérant demande l'annulation de la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Selon l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée () ".
2. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.
3. Pour justifier de l'urgence à suspendre la décision litigieuse, M. B C A, ressortissant burundais né le 5 février 1986, se borne à faire valoir qu'il réside à Mayotte avec sa famille depuis quatre ans. Par ailleurs, le requérant a demandé au juge des référés la suspension de l'exécution de la décision du 24 novembre 2023, le 24 janvier 2024, soit deux mois après son entrée en vigueur, et ne formule aucune explication particulière sur ce délai de saisine en urgence. Par suite, le requérant, qui ne se prévaut d'aucune autre circonstance particulière, n'établit pas que la décision portant refus de séjour porterait atteinte de manière suffisamment grave et immédiate à ses intérêts ou à ceux qu'il entend défendre et rendrait ainsi nécessaire l'intervention du juge des référés avant que ne soit jugée sa requête au fond.
4. En tout état de cause, en l'état de l'instruction, et notamment en l'absence de preuve de la vie commune du requérant avec son enfant et sa mère, ainsi qu'en raison de son arrivée récente sur le territoire français, aucun des moyens de la requête n'est susceptible de créer un doute sérieux sur la légalité de la décision en litige.
5. Il résulte de tout ce qui précède, que la requête de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions, en application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C A et au préfet de Mayotte.
Copie en sera transmise au ministre de l'intérieur.
Fait à Mamoudzou, le 31 janvier 2024.
Le juge des référés,
T. SORIN
La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.