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AccueilJurisprudence administrativeN° TA107-2400186

Tribunal Administratif de Mayotte — Décision N° TA107-2400186

samedi 27 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de Mayotte
SectionTribunal Administratif de Mayotte
N° DossierTA107-2400186
TypeOrdonnance
PublicationC
Avocat requérantAARPI BELLIARD RATRIMOARIVONY CHHANN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 27 janvier 2024, Mme D B, représentée par l'AARPI Bélliard-Ratrimoarivony-Chhann, agissant par Me Bélliard, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de suspendre les effets de l'arrêté n°1338/2024 par lequel le préfet de Mayotte lui a fait obligation de quitter le territoire sans délai ;

2°) d'enjoindre au préfet de Mayotte de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler et de réexaminer sa situation dans un délai de 2 mois ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est satisfaite dès lors qu'elle est susceptible d'être éloignée à tout moment de Mayotte sur le fondement de la mesure d'éloignement litigieuse, sans qu'y fasse obstacle la circonstance que le juge judiciaire prononce la mainlevée de sa rétention administrative ;

- la mesure d'éloignement prononcée à son encontre porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale protégé par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme, dès lors qu'elle réside à Mayotte depuis 8 années, qu'elle est mère de 2 enfants mineurs français nés à Mayotte, et qu'elle vit avec le cadet, à l'éducation et l'entretien duquel elle contribue ;

- la même mesure méconnait l'intérêt supérieur de son cadet, protégé par les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux Droits de l'enfant ;

Par un mémoire en défense enregistré le 27 janvier 2024, le préfet de Mayotte, représenté par le cabinet Centaure, conclut au rejet de la requête ;

Il fait valoir que :

- la condition d'urgence n'est pas satisfaite s'agissant des conclusions dirigées contre l'interdiction de retour sur le territoire français, dès lors que la requérante peut demander l'abrogation de cette mesure et qu'aucun refus d'abrogation n'est encore né. Elle l'est en revanche s'agissant des conclusions dirigées contre la mesure d'éloignement, même si le juge judiciaire a prononcé la mainlevée de sa rétention ;

- la mesure d'éloignement litigieuse ne méconnait pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dès lors que, par les pièces qu'elle produit, la requérante ne justifie pas de l'ancienneté de son séjour à Mayotte, ni de la réalité de ses attaches personnelles et familiales ;

- la même mesure ne méconnait pas l'intérêt supérieur de ses enfants mineurs, dés lors que la requérante ne justifie pas suffisamment de sa contribution à l'éducation et l'entretien de ses enfants ;

Vu :

- les pièces du dossier ;

- la convention européenne des droits de l'homme et de sauvegarde des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Vu la décision, prise en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, par laquelle le président du Tribunal a désigné M. Sauvageot, premier conseiller, en qualité de juge des référés.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience publique qui a eu lieu le 27 janvier 2024 à 13 heures, le magistrat constituant la formation de jugement compétente siégeant au tribunal administratif de La Réunion dans les conditions prévues à l'article L. 781-1 et aux articles R. 781-1 et suivants du code de justice administrative, M. A C étant greffier d'audience au tribunal administratif de Mayotte.

Après avoir, au cours de l'audience publique :

- présenté son rapport,

- entendu les observations de Me Belliard, présent dans la salle d'audience du tribunal administratif de La Réunion, qui, suite au retrait de la mesure d'éloignement litigieuse, déclare se désister de ses conclusions tenant à la suspension cette décision, mais maintient ses conclusions injonctives et ses conclusions présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

- le préfet de Mayotte n'étant ni présent, ni représenté ;

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Par arrêté n°1338/2024 du 22 janvier 2024, le préfet de Mayotte a fait obligation à Mme D B, ressortissante comorienne née le 17 septembre 1999, de quitter le territoire sans délai à destination des Comores et a assorti cette mesure d'une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'une année. Dans le cadre de la présente instance, Mme B demande la suspension des effets de cet arrêté en tant seulement qu'il lui fait obligation de quitter le territoire sans délai.

2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public () aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ".

3. L'intervention du juge des référés saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative est subordonnée à l'existence d'une situation d'urgence impliquant qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures pour assurer la sauvegarde d'une liberté fondamentale.

4. A l'audience, le conseil de la requérante se déclare se désister des conclusions de la requête tendant à la suspension des effets de la mesure d'éloignement prononcée à son encontre, suite au retrait de l'arrêté litigieux. Ce désistement est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il lui en soi donné acte.

5. Suite au retrait de la décision litigieuse, il y a lieu de rejeter le surplus des conclusions de la requête.

ORDONNE :

Article 1er : Il est donné acte à la requérante de son désistement de ses conclusions tendant à la suspension des effets de la mesure d'éloignement prise à son encontre par arrêté n°1338/2024 du 22 janvier 2024.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : La présente décision sera notifiée à Mme D B et au préfet de Mayotte.

Copie en sera, en outre, transmise au ministre de l'intérieur. et des outre-mer.

Fait à Mamoudzou, le 27 janvier 2024.

Le juge des référés,

F. SAUVAGEOT

La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier

N°2400186

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