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AccueilJurisprudence administrativeN° TA107-2400236

Tribunal Administratif de Mayotte — Décision N° TA107-2400236

vendredi 9 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Mayotte
SectionTribunal Administratif de Mayotte
N° DossierTA107-2400236
TypeOrdonnance
Avocat requérantMOREL JEAN JACQUES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 1er février 2024, Mme B A, représentée par Me Morel, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre les effets de la décision par laquelle le préfet de Mayotte a implicitement refusé de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ;

2°) d'enjoindre au préfet de Mayotte de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la décision à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 600 euros à lui verser sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie, dès lors que la décision litigieuse a pour effet de la placer dans une situation précaire et qu'elle est exposée à un éloignement imminent vers son pays d'origine ;

- les moyens tirés du vice de procédure, de l'insuffisance de motivation, de l'erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant sont, en l'état de l'instruction, de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté litigieux ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français dans un délai d'un mois est entaché d'une erreur de droit, d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Vu :

- la requête enregistrée le 8 février 2024 sous le numéro n°2400251 par laquelle la requérante demande l'annulation de la décision implicite de rejet opposée à sa demande d'admission au séjour ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Selon l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée () ".

2. L'urgence justifie la suspension de l'exécution d'un acte administratif lorsque celle-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation de la requérante ou aux intérêts qu'elle entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte contesté sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

3. Pour justifier de l'urgence à suspendre la décision litigieuse, Mme B A, ressortissante comorienne, née le 29 juin 1985, fait valoir qu'elle réside à Mayotte depuis 2009 et que la décision litigieuse la place dans une situation précaire. Il est constant que Mme A n'est actuellement titulaire d'aucun titre de séjour et n'en n'a jamais bénéficié. La décision litigieuse n'a ainsi pas pour effet de changer sa situation administrative au regard du droit au séjour. Enfin, la décision litigieuse n'a pas pour effet de l'empêcher de vivre effectivement avec sa famille dès lors qu'il résulte de l'instruction que ses deux enfants, nés en 2008 et en 2011, sont d'origine comorienne. Aucun élément ne fait ainsi obstacle à ce que la vie privée et familiale de la requérante se poursuive aux Comores, l'intéressée ayant des membres de sa famille résidant dans son pays d'origine. Dans ces conditions, et alors que la mesure litigieuse n'a pas pour effet de procéder à son éloignement, la condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie. Au surplus et en l'état de l'instruction, aucun des moyens énoncés par la requérante n'est susceptible de créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée.

4. Il résulte de ce qu'il précède que la requête de Mme A doit être rejetée en toutes ses conclusions, en application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.

Copie en sera transmise au ministre de l'intérieur.

Fait à Mamoudzou, le 9 février 2024.

Le juge des référés,

T. SORIN

La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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