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AccueilJurisprudence administrativeN° TA107-2400247

Tribunal Administratif de Mayotte — Décision N° TA107-2400247

jeudi 8 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Mayotte
SectionTribunal Administratif de Mayotte
N° DossierTA107-2400247
TypeOrdonnance
PublicationC
Avocat requérantCENTAURE AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 19 décembre 2023, M. B A demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire et de lui désigner un avocat commis d'office ;

2°) de suspendre les effets de l'arrêté n° 1844/2024 du 5 février 2004 par lequel le préfet de Mayotte lui a fait obligation de quitter le territoire sans délai ;

3°) le cas échéant, s'il venait à être éloigné avant que le tribunal ne statue sur sa requête, d'enjoindre au préfet de Mayotte organiser son retour dans un délai de 8 jours, par tous moyens, aux frais de l'Etat, sous astreinte de 300 euros par jour de retard ;

Il soutient que :

- la condition d'urgence est satisfaite dès lors qu'il est susceptible d'être éloigné à tout moment de Mayotte sur le fondement de la mesure d'éloignement litigieuse ;

- la mesure d'éloignement prononcée à son encontre méconnait les stipulations de l'article 3 du Protocole n° 4 à la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de l'article 13, paragraphe 2 de la Déclaration universelle des droits de l'homme et de l'article 12 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, dés lors qu'il est titulaire d'une déclaration de nationalité française ;

- son éloignement avant qu'il ne soit statué sur sa requête méconnaitrait son droit au recours effectif prévu par l'article 13 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, combiné à son droit au respect de sa vie privée et familiale protégé par l'article de la même Convention, ainsi que les dispositions de l'article L. 761-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

Par deux mémoires en défense enregistré le 8 février 2024, le préfet de Mayotte, représenté par le cabinet Centaure, conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions de la requête tendant à la suspension des effets de la mesure d'éloignement litigieuse et au rejet des conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :

- l'arrêté litigieux a été retiré ;

- il n'est pas la partie perdante dans le cadre de la présente instance ;

Vu :

- les pièces du dossier ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Vu la décision, prise en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, par laquelle le président du Tribunal a désigné M. Sauvageot, premier conseiller, en qualité de juge des référés.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience publique qui a eu lieu le 8 février 2024 à 13 heures, le magistrat constituant la formation de jugement compétente siégeant au tribunal administratif de La Réunion dans les conditions prévues à l'article L. 781-1 et aux articles R. 781-1 et suivants du code de justice administrative, M. C étant greffier d'audience au tribunal administratif de Mayotte.

Après avoir, au cours de l'audience publique :

- présenté son rapport,

- les parties n'étant ni présentes, ni représentées ;

Considérant ce qui suit :

1. En premier lieu, il résulte de l'instruction que, par arrêté du 8 février 2024, le préfet de Mayotte a retiré son arrêté n° 1844/2024 du 5 février 2004 par lequel il a fait obligation au requérant de quitter le territoire sans délai. Par suite, il n'y a plus lieu à statuer sur les conclusions de la requête tendant à la suspension des effets de cette mesure.

2. En deuxième lieu, aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président ". Dans les circonstances de l'espèce, la requête ayant été présentée sans ministère d'avocat, et aucun avocat n'ayant représenté le requérant à l'audience, il n'y a pas lieu d'admettre celui-ci au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

ORDONNE :

Article 1er : M. B A n'est pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Il n'y a plus lieu à statuer sur les conclusions de la requête tendant à la suspension des effets de la mesure d'éloignement litigieuse.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au préfet de Mayotte. Copie en sera, en outre, transmise au ministre de l'intérieur.

Fait à Mamoudzou, le 8 février 2024.

Le juge des référés,

F. SAUVAGEOT

La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

N°2400247

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