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AccueilJurisprudence administrativeN° TA107-2400331

Tribunal Administratif de Mayotte — Décision N° TA107-2400331

mardi 27 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Mayotte
SectionTribunal Administratif de Mayotte
N° DossierTA107-2400331
TypeOrdonnance
Avocat requérantAARPI BELLIARD RATRIMOARIVONY CHHANN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 23 février 2024, Mme A B, représentée par Me Ratrimoarivony, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté du 19 décembre 2023 par lequel le préfet de Mayotte a refusé de lui délivrer un titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai d'un mois à destination de l'Union des Comores ;

2°) d'enjoindre au préfet de Mayotte de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie, dès lors qu'elle est exposée à un éloignement imminent vers son pays d'origine et en raison de sa situation familiale ;

- les moyens tirés de l'erreur manifeste d'appréciation, de la méconnaissance des dispositions des articles L. 423-7 et L. 423-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de l'erreur de droit ainsi que de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'intérêt supérieur de son enfant protégé par l'article 3-1 de la convention relative aux droits de l'enfant, sont, en l'état de l'instruction, de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité du refus de séjour ;

- les moyens tirés de l'illégalité de la mesure d'éloignement en raison de l'illégalité de la décision portant refus de séjour, de l'erreur de droit, de l'erreur de fait, de l'erreur manifeste d'appréciation, de la violation des dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sont, en l'état de l'instruction, de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

Vu :

- la requête enregistrée le 23 janvier 2024 sous le numéro n° 2400171 par laquelle la requérante demande l'annulation de la décision attaquée ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Selon l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée () ".

2. Mme A B, ressortissante comorienne née le 29 décembre 1990, soutient qu'elle est arrivée à Mayotte en 2015 et qu'elle réside avec son enfant né en 2021, de nationalité française. Toutefois, par les pièces qu'elle produit, Mme B ne justifie ni de sa communauté de vie avec le père de son enfant qui, au demeurant, résiderait en Seine-Saint-Denis, ni de la participation de ce dernier à l'entretien et l'éducation de son enfant. Ainsi, alors même que le père de son enfant français ne réside pas à Mayotte, elle ne justifie d'aucune circonstance particulière qui s'opposerait à ce que la cellule familiale qu'elle constitue avec son enfant se recompose aux Comores. Par suite, les moyens invoqués par Mme B, qui ne justifie pas de son intégration au sein de la société mahoraise, ne sont manifestement pas de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté du 19 décembre 2023 portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français dans un délai d'un mois à destination des Comores, de sorte que sa demande apparaît manifestement mal fondée.

3. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la condition de l'urgence, que la requête de Mme B doit être rejetée en toutes ses conclusions, en application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.

Copie en sera transmise au ministre de l'intérieur et au préfet de Mayotte.

Fait à Mamoudzou, le 27 février 2024.

Le juge des référés,

T. SORIN

La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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