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AccueilJurisprudence administrativeN° TA107-2400343

Tribunal Administratif de Mayotte — Décision N° TA107-2400343

mercredi 28 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Mayotte
SectionTribunal Administratif de Mayotte
N° DossierTA107-2400343
TypeOrdonnance
Avocat requérantCENTAURE AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 27 février 2024, M. B A, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) de lui désigner un avocat commis d'office ;

3°) de suspendre l'exécution de l'arrêté du 26 février 2024 par lequel le préfet de Mayotte l'a obligé à quitter le territoire français sans délai ;

4°) d'enjoindre au préfet de Mayotte de lui délivrer une carte de séjour temporaire dans un délai de trois mois à compter de la notification de la décision à intervenir et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ou, d'enjoindre à ce même préfet d'enregistrer sa demande de titre de séjour et de lui délivrer, dans l'attente de l'instruction de sa demande, une autorisation provisoire de séjour dans un délai de huit jours à compter de la même date et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

5°) le cas échéant, d'enjoindre au préfet de Mayotte, dans un délai de huit jours à compter de la même date et sous astreinte de 300 euros par jour de retard, d'organiser et de financer son retour à Mayotte.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie, dès lors qu'il est exposé à un éloignement imminent vers son pays d'origine ;

- l'arrêté attaqué porte une atteinte grave et manifestement illégale à son droit au respect de sa vie privée et familiale protégé par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- il méconnaît son droit au recours effectif protégé par l'article 13 de la même convention.

Par un mémoire en production de pièces, enregistré le 27 janvier 2024, le préfet de Mayotte a produit le registre du centre de rétention administrative de Mayotte attestant de l'éloignement du requérant.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant comorien né le 28 avril 2002, demande, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du préfet de Mayotte lui faisant obligation de quitter le territoire français sans délai.

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président ". Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'admettre provisoirement le requérant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

3. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

4. En premier lieu, M. A soutient qu'il réside à Mayotte depuis l'âge de ses treize ans avec son père en situation régulière sur le territoire français. Toutefois, il ne justifie pas de son ancienneté et de sa continuité de résidence à Mayotte en produisant des certificats de scolarité pour les années scolaires de 2008 à 2015, puis, des certificats de scolarité discontinus entre 2017 à 2021 qui, au demeurant, ne permettent pas d'attester de sa présence sur le territoire français notamment à compter de l'année 2022. Par ailleurs, M. A ne démontre pas plus la stabilité et l'intensité de ses relations personnelles sur le territoire français en se bornant à produire les titres de séjour de ses parents et l'acte de décès de sa mère. Dans ces conditions et en l'état de l'instruction, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision litigieuse porterait une atteinte grave et manifestement illégale à son droit au respect de sa vie privée et familiale.

5. En second lieu, il ressort des mentions du registre du centre de rétention administrative, contresignées notamment par le requérant et qui font foi jusqu'à preuve du contraire, que M. A, arrivé au centre de rétention le 26 février 2024, l'a quitté, pour être éloigné vers l'Union des Comores, le 27 février 2024 à 9 heures 15 (heure locale). La présente requête a été enregistrée au greffe du tribunal administratif de Mayotte le 27 février 2024 à 13 heures 51 (heure locale). Par suite, et alors qu'il n'est pas contesté que l'intéressé a été informé de ses droits lors de son arrivée au centre de rétention, le juge des référés ayant été saisi postérieurement à la mise à exécution de la mesure, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet de Mayotte aurait ainsi délibérément méconnu son droit à un recours effectif.

6. Il résulte de tout ce qui précède que, sans même qu'il soit besoin de statuer sur la condition d'urgence, les conclusions de la requête tendant à la suspension de l'exécution de la mesure portant obligation de quitter le territoire français sans délai prise à l'encontre de l'intéressé peuvent, dès lors qu'elles sont manifestement infondées, être rejetées sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative. Par voie de conséquence, il y a lieu de rejeter l'ensemble des autres conclusions subséquentes de la requête.

ORDONNE :

Article 1er : M. A n'est pas admis provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : La requête de M. B A est rejetée.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Copie en sera transmise au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au préfet de Mayotte.

Fait à Mamoudzou, le 28 février 2024.

Le juge des référés,

T. SORIN

La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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