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AccueilJurisprudence administrativeN° TA107-2400354

Tribunal Administratif de Mayotte — Décision N° TA107-2400354

lundi 11 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Mayotte
SectionTribunal Administratif de Mayotte
N° DossierTA107-2400354
TypeOrdonnance
Avocat requérantHERMAND

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 29 février 2024, Mme B A, représentée par Me Hermand, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté du 22 mai 2023 par lequel le préfet de Mayotte a refusé de l'admettre au séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français à destination de Madagascar dans le délai d'un mois ;

2°) d'enjoindre au préfet de Mayotte de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de la décision à intervenir ;

3°) de mettre à la charge l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'elle est exposée à un éloignement imminent vers son pays d'origine ;

- les moyens tirés de l'erreur de droit au regard des dispositions des articles L. 413-2 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de l'erreur manifeste d'appréciation et de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, sont, en l'état de l'instruction, de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision portant refus de séjour ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français dans un délai d'un mois est illégale compte tenu de l'illégalité de la décision portant refus d'admission au séjour ;

- les moyens tirés de l'erreur manifeste d'appréciation, de la violation des dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, sont, en l'état de l'instruction, de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

Vu :

- la requête enregistrée le 25 août 2023 sous le numéro n°2303500 par laquelle la requérante demande l'annulation de l'arrêté attaqué ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Selon l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée () ".

2. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.

3. Pour justifier de l'urgence à suspendre la décision litigieuse, Mme B A, ressortissante malgache née le 10 mai 2004, se borne à faire valoir qu'elle réside à Mayotte avec sa famille depuis 2016. Par ailleurs, la requérante a demandé au juge des référés par sa requête enregistrée le 29 février 2024, la suspension de l'exécution de la décision du 22 mai 2023, notifiée le 27 juin 2023, soit sept mois après la notification de celle-ci, et ne formule aucune explication particulière sur ce délai de saisine au regard de l'urgence qu'il y aurait à statuer sur sa demande. Par suite, la requérante, qui ne se prévaut d'aucune autre circonstance particulière, n'établit pas que la décision portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français, porterait atteinte de manière suffisamment grave et immédiate à ses intérêts ou à ceux qu'elle entend défendre et rendrait ainsi nécessaire l'intervention du juge des référés avant que ne soit jugée sa requête au fond.

4. De plus et en tout état de cause, en l'état de l'instruction, et notamment en l'absence de preuve de l'intensité de ses liens et de sa communauté de vie avec sa famille résidant à Mayotte, aucun des moyens de la requête n'est susceptible de créer un doute sérieux sur la légalité de la décision en litige.

5. Il résulte de tout ce qui précède, que la requête de Mme A doit être rejetée en toutes ses conclusions, en application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.

Copie en sera transmise au ministre de l'intérieur et au préfet de Mayotte.

Fait à Mamoudzou, le 11 mars 2024.

Le juge des référés,

T. SORIN

La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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